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Élèves en difficultés: les enseignants appellent à "ne pas mettre de pression" à la rentrée

Le gouvernement veut s'attaquer dès la rentrée aux écarts de niveaux entre les élèves, dus notamment au confinement. Une tâche qui s'annonce longue et compliquée selon les syndicats.

Outre un accueil dans de bonnes conditions sanitaires, l'un des objectifs prioritaires de la rentrée scolaire pour le ministère de l'Éducation est de "résorber les écarts qui ont pu naître de cette crise sanitaire", explique-t-il dans sa feuille de route. Pour "identifier les besoins des élèves", et agir rapidement, les évaluations de niveaux auront lieu dès la rentrée.

Ainsi "les évaluations nationales Repères de début CP et début CE1 auront lieu pour tous les élèves du 14 septembre au 2 octobre", mais également celles de 6e, précise la circulaire. Les élèves de sixième auront, en outre, le droit à un test de fluence de lecture, permettant d'évaluer leur compréhension et leur facilité de lecture.

Et des "outils de positionnement" - des "tests, courts et ponctuels" pour "mesurer instantanément la maîtrise des compétences fondamentales" - sont également "mis à disposition des professeurs" pour tous les niveaux du CP à la troisième.

"30 à 40% des enfants vont être en difficulté"

"Dans la circulaire de rentrée, le ministre demande à ce qu'en novembre, le retard accumulé pendant la période de confinement soit récupéré", explique à BFMTV Guislaine David co-secrétaire générale du syndicat enseignant SNUipp-FSU.

"On sait que pour certains élèves ça va être possible, mais on sait que pour d'autres ça va être compliqué. Il ne faut pas mettre de pression, il faut prendre le temps", selon elle.

Car si le ministère avance le chiffre de 4% de décrochage parmi les élèves, des enseignants le croient beaucoup plus haut, certains déclarant avoir perdu un tiers de leur classe durant le confinement.

"On pense qu'il y a peut-être 30 à 40% des enfants qui vont être en difficulté, parce qu'il n'y a pas 5% de décrochage, on sait qu'il y a quand même beaucoup plus", affirme BFMTV Hubert Salaün, porte-parole de la PEEP, une fédération des parents d'élèves de l'enseignement public.

Des heures d'aides supplémentaires

Des heures supplémentaires d'aide ou de rattrapage sont prévues pour combler les retards, selon la circulaire de l'Education nationale. Ceux qui ont des difficultés à lire ou compter au collège pourront par exemple bénéficier d'heures de renforcement, et le dispositif d'aide aux devoirs sera "renforcé".

"Des aménagements de programmes en 6e, 3e et seconde auraient été plus pertinents", déclare dans Le Parisien Frédérique Rolet, secrétaire générale du syndicat SNES-FSU. "C'est ce qu'on avait demandé afin que les enseignants puissent travailler en petit groupe avec ceux qui ont été les plus pénalisés par le confinement."
Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV