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Cours à distance à l'université: peu d'élèves en présentiel pour la rentrée de janvier

Pour la rentrée de janvier, le ministère a choisi de faire revenir dans les facultés "les étudiants les plus fragiles", mais seulement par groupes de dix.

La rentrée universitaire s'est faite en pointillés ce lundi, alors que l'épidémie de Covid-19 continue de circuler fortement en France. Les établissements de l'enseignement supérieur peuvent en effet accueillir des étudiants en présentiel, mais uniquement certains groupes "de dix étudiants maximum", formés des élèves "les plus fragiles pédagogiquement", que les établissements doivent eux-mêmes constituer.

"Nous nous sommes rendus compte que pour certains étudiants, les formations à distance leur convenaient tout à fait, et qu'ils s'en sortaient très bien, mais que pour d'autres cela posait un véritable problème: de solitude, des difficultés à se concentrer, à trouver de la méthode pour travailler...", explique sur BFMTV ce lundi Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation.

"Donner la main" aux établissements

Dans une circulaire datée du 19 décembre, le ministère précise que "le public concerné sont les étudiants les plus fragiles: ceux nouvellement arrivés dans l’enseignement supérieur, les étudiants en situation de handicap, de précarité numérique, de décrochage, les étudiants internationaux, ainsi que tous ceux et celles qui appellent votre attention du fait de l’urgence ou de circonstances individuelles particulières".

"Ce qu'ont demandé les établissements, c'est de leur donner la main - les équipes pédagogiques connaissent leurs étudiants - et donc de les faire revenir sur convocation, par petits groupes de dix, de manière à ce qu'ils puissent profiter au mieux de leur année universitaire", assure Frédérique Vidal.

Elle rappelle au passage que certains étudiants avaient continué de venir en présentiel pendant le second confinement. "Dans les cas très particuliers où le caractère pratique de l'enseignement ne permet pas [l'enseignement à distance], comme pour certains travaux pratiques, des accueils seront proposés dans le respect à la fois d'une jauge limitée à 50% de la capacité d'accueil théorique", explique en effet une circulaire du 30 octobre.

Un choix difficile à faire pour les universités

Décider qui fera partie du groupe de dix étudiants en présentiel pour cette rentrée est une décision complexe à réaliser pour les universités: d'une part, il n'est pas toujours évident de savoir quel élève est en réelle difficulté; d'autre part, ce faible effectif de dix amènera à faire un choix parmi les étudiants caractérisés de "fragiles". "Dix personnes par travaux dirigés pour toutes les personnes qui sont à risque, cela pourrait poser un petit problème d'équité", souligne sur BFMTV Paul Mayaux, président de la fédération des associations générales étudiantes (Fage).

Cibler les étudiants demande un travail conséquent pour savoir qui peut figurer parmi les dix élus de chaque groupe", explique dans Le Monde Anne Roger, cosecrétaire générale du syndicat enseignant Snesup-FSU. "Il s’agit d’une mesure sociale, nous sommes d’accord, mais qui n’a rien à voir avec l’enseignement et le décrochage vécu par les étudiants".

Sur BFMTV, Frédérique Vidal précise d'ailleurs que ces derniers mois "on a beaucoup d'étudiants qui manifestent un très fort mal-être" et que dans certains établissements, "on a une augmentation de plus de 30% des consultations en psychologie".

"Nous recevons un flot croissant de messages d’alerte de la part des étudiant.e.s, et leurs représentants", déclarait début décembre à La Dépêche le directeur de Sciences-Po Toulouse Olivier Brossard, au sujet de "la situation de grande détresse psychologique" d'étudiants de plus en plus nombreux. "Le manque d’échanges avec leurs enseignants leur pèse manifestement beaucoup", expliquait-il.

Des jauges plus élevées dans les semaines à venir?

Certaines universités n'ont pas appelé au présentiel pour cette rentrée. L'Université Rennes 1 par exemple parle d'un "maintien des cours à distance" sur son site, au moins du 4 au 15 janvier. Seuls "certains examens et travaux pratiques" seront autorisés. La reprise des cours en présentiel n'est envisagée qu'à partir du 18 janvier, "sous réserve de l'évolution de la situation sanitaire". A Toulouse 2, la présidence de l'université a annoncé aux étudiants que les enseignements en distanciel le resteront pendant le mois de janvier, selon des informations de l'AFP.

A Lyon 3, les cours ne reprendront que le 11. Seront alors accueillis des étudiants de première année "selon des modalités pas encore fixées" et des "étudiants en situation de handicap", a indiqué l'université à l'AFP.

"La prochaine étape, ce serait de faire revenir l'ensemble des étudiants de première année, avec des jauges à 30% ou à 50%", explique la ministre. "On sera capable de le faire lorsqu'on aura regardé ce que donnent ces premiers retours à l'université".
Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV