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Corse: "Imagine" chanté en 5 langues dont l'arabe par des élèves crée la polémique

VIDÉO - Selon l'inspection de l'Académie de Corse, des enseignantes ont été victimes de menaces après avoir voulu faire chanter aux enfants la chanson "Imagine" de John Lennon en cinq langues dont l'arabe lors de la fête de l'école du 26 juin.

L'ambiance à l'école primaire de Prunelli-di-Fiumorbu, en Haute-Corse, n'est pas à la fête. Une polémique autour du projet de fin d'année prend une telle ampleur que la kermesse a même été annulée, et qu'une plainte a été déposée, rapporte France 3 Corse. En cause, la chanson pacifiste Imagine de John Lennon que les élèves de l'établissement devaient interpréter en cinq langues dont l'arabe.

Le projet s'est ainsi retrouvé vivement critiqué par quelques parents: "Ils nous ont précisé qu’ils ne voulaient pas que leur enfant parle arabe. Nous étions prêts à l’entendre sauf que certains ne voulaient même plus qu’ils viennent à l’école", a affirmé à la chaîne de télévision une des enseignantes, Annelyse Hallard.

"Il faut que la haine cesse, les enfants en souffrent"

Pauline Peraldi, représentante des parents d'élèves de l'école Prunelli-di-Fiumorbu interrogée par RMC, raconte que certains parents ont dit qu'ils feraient "en sorte que la kermesse se passe mal". "Une douzaine de parents d'élèves ont exprimé leur désaccord, rejoints par d'autres parents sur les réseaux sociaux. La prise de position des premiers parents a été exagérée sur les réseaux sociaux, on en a fait quelque chose de beaucoup plus méchant (...) il faut que la haine cesse, les enfants en souffrent beaucoup", explique-t-elle.

Du coup, devant une telle controverse, tout a été annulé. Et lundi, les enseignants ont exercé leur droit de retrait pour dénoncer, comme le souligne l'inspectrice de l'académie Fabienne Dervalle, des "attitudes inqualifiables de certains parents contre les valeurs que représente l'école".

Plainte contre X pour menaces racistes

Selon cette dernière, les enseignantes à l'origine du projet auraient reçu des menaces. Dans ce cadre, elle a décidé de "déposer plainte contre X pour menaces racistes", comme l' a annoncé Michel Barat, recteur de l'Académie de Corse. "Il y a eu une atteinte à la liberté d’enseigner", a-t-il estimé.

En revanche, les enseignantes démentent avoir été menacées... Ce qu'un des parents d'élèves, opposé au projet, confirme.

"Moi je suis contre mais je n'ai menacé personne. J'ai dit que ça ne me plaisait pas, mais si ma fille de 10 ans avait décidé de faire le spectacle, elle l'aurait fait. On a déjà des demandes pour les cantines, des femmes voilées qui viennent chercher les enfants à l'école, maintenant ils font une chanson avec un couplet en arabe. Et demain, on aura un poème totalement arabe? Et dans 10 ans, qu'est-ce qu'on aura?", s'indigne Laurent au micro de RMC.

Une position qui va à l'encontre des valeurs de l'école selon Pauline Peraldi: "Je pense que l’école doit transmettre des valeurs de partage, de tolérance. J’étais tout à fait d’accord avec le projet multilingue qui était prévu. J’estime qu’aujourd’hui les enseignants ne peuvent pas faire leur métier sereinement dans un tel climat", a-t-elle confié plus tôt à France 3.

Au-delà de la polémique qui divise les adultes, il s'agit maintenant d'expliquer aux enfants pourquoi la fête de fin d'année a été annulée...


M.G.