BFMTV

Bientôt des patrons à l’école ?

Le Medef souhaite que les chefs d'entreprise puissent intervenir dans les classes.

Le Medef souhaite que les chefs d'entreprise puissent intervenir dans les classes. - -

François Hollande annoncera ce lundi plusieurs mesures pour les entrepreneurs, et le patronat souhaite que des chefs d’entreprises puissent se rendre dans les écoles et présenter leur travail. Mais certains professionnels sont sceptiques et s’interrogent sur leur influence dans la préparation des programmes.

Et si on mettait des patrons à côté des instituteurs ? A l'occasion de la clôture des Assises de l'entreprenariat ce lundi, François Hollande reçoit 300 entrepreneurs à l'Elysée et doit annoncer à 18h une série de mesures en faveur de l'entreprenariat et des PME. Sur RMC, Fleur Pellerin dévoilait déjà ce matin plusieurs mesures comme un allègement de la fiscalité sur les cessions d'entreprise ou encore la suppression de la black-list de la Banque de France des entreprises qui ont déposé le bilan. Mais parmi les propositions du Medef, on trouve d’autres idées : favoriser l’apprentissage de l’entreprenariat à l’école en permettant aux grands patrons d’aller dans les écoles, expliquer leur travail, leur réussite, et donner envie aux jeunes et susciter des vocations.

« Moins galérer par la suite »

Pour Jean-Michel Pottier, président de la commission formation éducation de la CGPME, faire rentrer les patrons à l’école serait un bon moyen d’ouvrir de nouvelles perspectives aux jeunes. « Il ne s’agit pas de prédestiner les jeunes à un métier trop tôt ou très tôt, il s’agit simplement de leur montrer ce qu’est la réalité de ces métiers, car aujourd’hui, ils ne la connaissent pas beaucoup. Il y a des petits stages en entreprise qui sont une première découverte, mais c’est un stade artisanal. Ce qui est important, c’est qu’un jeune puisse se construire un avenir professionnel. Ça peut lui permettre de moins galérer ensuite pour trouver quelque chose qui lui correspond ».

« Programmes partisans au service des entreprises »

Mais du côté des professionnels de l’éducation, la proposition inquiète. Daniel Robin, co-secrétaire général du syndicat d’enseignants SNES, a peur qu’elle influe sur les programmes. « S’il s’agit de faire rentrer l’entreprise, pour qu’elle pilote des activités ou influe sur les programmes et l’enseignement, la réponse est clairement non. Les programmes scolaires ne peuvent pas être des programmes partisans au service des entreprises. Que le Medef puisse imposer ses vues, ce n’est pas raisonnable ».

Mathias Chaillot avec Juliette Droz