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Bac: la correction des copies "s'est très mal passée" en Ile-de-France

Un élève planche sur une épreuve du baccalauréat, le 16 juin 2015.

Un élève planche sur une épreuve du baccalauréat, le 16 juin 2015. - Frédérick Florin - AFP

A l'heure du bilan du baccalauréat 2015, un syndicat de proviseurs a dit au Parisien son mécontentement. Certaines copies ont dû être corrigées en urgence par des enseignants qui affirment les avoir reçues à la dernière minute.

"La correction du bac s'est très mal passée en Ile-de-France. Il y avait des centaines de copies sans correcteurs et, parallèlement, des professeurs convoqués par le passé pour corriger qui ne l'étaient pas cette année", dénonce auprès du Parisien Philippe Tournier, secrétaire général du Snpden, le premier syndicat des chefs d'établissements scolaires. Avec plus de 600.000 copies à corriger pour la région parisienne, l'organisation revêt une importance primordiale. Le quotidien recense plusieurs difficultés qui ont émaillé, plus encore que les années passées, la correction du bac 2015.

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Remplaçants injoignables et enseignants arrêtés

Le premier écueil auquel se sont heurtées les corrections a été la modification du calendrier des épreuves, qui a réduit le temps de correction dans certaines disciplines. Est aussi pointé un climat général de fatigue du corps enseignant, qui aurait conduit un nombre plus important d'entre eux à "se faire porter pâle", indique Dominique Chauvin, co-secrétaire général de la section académique de Créteil du Snes-FSU.

Mais c'est surtout le mécanisme qui veut que des remplaçants pallient les défections des correcteurs titulaires qui s'est grippé cette année. Une circulaire annuelle veut que tous les professeurs qui n'ont pas été convoqués peuvent suppléer leurs collègues indisponibles. Mais voilà, nombre d'entre eux n'était pas joignables, rapporte Le Parisien.

Ainsi, certains professeurs se sont vu remettre des copies à la dernière minute, ayant de fait moins de temps à consacrer à chacune d'entre elles. Le 2 juillet, des professeurs, notamment de langue vivante 2, se sont vu remettre des copies vers 18 heures, soit quelques heures avant la saisie informatique des notes. Pire, l'un des correcteurs a reconnu dans le lot des copies qui lui étaient attribuées l'écriture de certains de ses élèves, alors qu'une copie de bac doit absolument rester anonyme.

Un "impact mesuré" selon la Maison des examens

De son côté, Vincent Goudet, le directeur de la Maison des examens, qui supervise l'organisation du bac en Ile-de-France, minimise un "impact mesuré" par rapport à la masse des copies examinées. Il rappelle aussi qu'un délai supplémentaire a été accordé aux correcteurs qui ont récupéré des copies le 2 juillet, pour rentrer les résultats dans la base de données logicielle.

Le taux de réussite quasi-définitif de la session 2015 sera connu samedi soir. Une session de remplacement est organisée en septembre pour ceux qui n'ont pas pu passer les épreuves en juin. Cette année, 684.734 candidats étaient inscrits à l'examen au niveau national. Le bac est une gigantesque machine qui a mobilisé 170.000 examinateurs et correcteurs dans plus de 4.200 centres d'examen.

D. N.