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Bac 2021: la colère des écoles privées hors contrat, obligées de passer les épreuves en présentiel

Contrairement à ce qui a prévalu lors du bac 2020, où tout le monde était logé à la même enseigne, les lycéens du privé hors contrat n'auront pas droit au contrôle continu pour 85% des épreuves.

S'agit-il d'un deux poids, deux mesures? Les élèves desécoles privées hors contrat devront bientôt passer leur baccalauréat en "présentiel", là où les autres lycéens seront évalués grâce au contrôle continu. Cela concerne près de 4000 lycéens, qui devront plancher sur une dizaine d'épreuves en contrôle final, soit 85% des matières. Une situation qui tranche avec le bac 2020, lors duquel tous les élèves étaient logés à la même enseigne.

Exemple avec Hugo, âgé de 18 ans, qui doit entamer son bac dans quelques semaines. Depuis trois ans, il étudie les lettres et les sciences humaines à l'École Diagonale à Paris, un établissement privé hors contrat. Alors qu'une grande partie des lycéens est en vacances, lui continue de suivre ses cours à distance afin de préparer ses épreuves.

"C'est tellement difficile de s'organiser, sachant qu'on a été prévenu (lors des) vacances (...) de février qu'on allait passer le bac. (...) J'ai tout donné pour avoir une bonne moyenne, et là on me dit que, en fait, tout ça c'était dans le vent et que je vais en fait devoir re-réviser, revoir tout le programme", regrette ce lycéen de l'École Diagonale à Paris.

Inégalité de traitement

Pas de contrôle continu, donc, alors que cette méthode s'est imposée dans les établissements publics et privés sous contrat. Une inégalité de traitement que beaucoup d'élèves vivent comme une injustice.

"L'année dernière, tout le monde a été traité de la même manière parce qu'il y avait la Covid. (...) Je ne vois absolument pas ce qui peut justifier de ne pas accorder le contrôle continu", s'agace auprès de BFMTV Anne Coffinier, présidente de l'association "Créer son école", au Vésinet (Yvelines).

Programmes (trop) libres?

Pour Thibaut Cojean, chef de la rubrique lycée à L'Étudiant, cette décision du ministère de l'Éducation nationale s'explique par les programmes très libres des écoles privées hors contrat, ainsi que par l'absence de contrôle possible sur leurs enseignants.

"Les candidats du CNED non réglementé et des lycées hors contrat n'ont pas de livret scolaire, (...) donc on n'a pas moyen de vérifier la valeur de ces élèves tout au long de l'année, comme on le fait dans le scolaire normal", explique-t-il.

Dans l'espoir de faire évoluer la situation rapidement, un recours en référé a été déposé par des écoles et des associations devant le Conseil d'État.

Par Jules Pecnard avec Clément Gauvin