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Avancer les vacances scolaires de Pâques pour aider le secteur du ski?

La ministre de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, au centre de l'image.

La ministre de l'Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, au centre de l'image. - BFMTV

Avancer les vacances de Pâques pour favoriser la saison de sports d'hiver, telle est l'idée avancée par les professionnels de la montagne appuyés par Laurent Fabius. Mais si la ministre de l'Education veut bien entendre l'argument, certains soutiennent du côté des parents d'élèves et des syndicats d'enseignants que ce changement n'irait pas dans l'intérêt des élèves.

Appelées officiellement vacances de Printemps, elles débutent cette année 2015 le 11, 18 ou 25 avril, selon les zones géographiques du calendrier scolaires. Pour les professionnels du tourisme d'hiver, c'est beaucoup trop tard. A ces dates, la neige vient à manquer. Pour eux, la solution consisterait donc à avancer les vacances de Pâques. 

L'idée a été portée par Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères et du Développement international, auprès du ministère de l'Education en pleine négociation sur une réforme plus vaste du calendrier scolaire. Najat Vallaud-Belkacem, la ministre de l'Education, s'est montrée sensible aux arguments des professionnels des sports d'hiver, ce qui a fait bondir certains acteurs de l'Education.

Quelque 3% de chiffre d'affaires en moins

Chiffre contre chiffre. Les professionnels du tourisme estiment que le manque à gagner en raison des dates actuelles des vacances de Pâques, est de 3%. Mais Rodrigo Arenas, secrétaire général adjoint de la Fédération des conseils de parent d'élèves, fait remarquer que seuls "8% des Français partent au ski tous les deux ans". "Focaliser l'attention de la réforme des vacances scolaires qui concernent des millions de personnes dans notre pays, simplement parce qu'il faut sauver l'industrie du ski", est pour lui un non-sens.

Consultations avant le Conseil du 9 avril

Un changement de dates des vacances de Pâques s'inscrirait dans une réforme plus vaste du calendrier scolaire. Une version rénovée doit être soumise au vote d'un Conseil supérieur de l'Education qui doit avoir lieu le 9 avril prochain. Jusque-là, des consultations des parents d'élèves et enseignants doivent avoir lieu.

Mais déjà, certains membres de cette instance consultative présidée par le ministre de l'Education nationale, des voix s'élèvent contre cette réforme. Pour Vincent Bernaud, représentant des Syndicats généraux de l'Eucation nationale, le changement envisagé ne va pas dans le bon sens. "Si vous remontez le calendrier, les gens n'auront plus que cinq, six semaines entre deux périodes de vacances scolaires, ce qui remet en cause ce que disent les chronobiologistes par rapport à l'alternance de sept semaines de classes et deux semaines de vacances, pour que les élèves récupèrent comme il faut", insiste-t-il.

Intérêt supposé des enfants contre réalités économiques, le débat sera bientôt tranché. Reste à voir comme la ministre de l'Education présentera cette réforme, si les vacances de Pâques sont effectivement avancées.

David Namias avec Antoine Pollez