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Allergies alimentaires : cantines sous surveillance

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10% des enfants seraient aujourd’hui touchés par une allergie alimentaire. Et les industriels ne maîtrisent pas toujours les conséquences. Quels risques ? Quelle prévention ?

Le nombre d'enfants touchés par une allergie alimentaire progresse chaque année. Œufs, poissons de mer, cacahuètes, noisettes... les aliments mis en cause sont nombreux. Le risque pour un enfant d'être allergique passe de 20 à 40% si un de ses deux parents est allergique. Comment savoir si son enfant est allergique à un aliment ? Le diagnostic est très difficile à faire, et nécessite l'avis d'un allergologue. Cependant, l'apparition de démangeaisons après un repas est un élément très fort de présomption.

L'allaitement en question

Pour protéger son enfant, rien de tel que l'allaitement. Même si certaines études sont contradictoires, le consensus se fait aujourd'hui sur le fait que l'allaitement du nourrisson va diminuer ses chances de développer des allergies (asthme, rhume des foins...) plus tard. De plus, vous ne transmettez pas vos propres allergies (au lait de vache par exemple) à votre enfant en l'allaitant. Cependant, paradoxalement, certains nourrissons se révèlent allergiques au lait maternel.

La cantine, lieu interdit

Malgré le développement des « plans d'accueil individualisés » pour prendre en charge les enfants allergiques dans les cantines scolaires, les parents préfèrent en général les faire manger à leur domicile. En effet, certains faits divers, comme la mort d'un enfant allergique qui avait mangé du fromage de brebis dans la banlieue d'Aix-en-Provence en septembre 2007, ont clairement montré les limites du système. La mairie d'Aix avait alors décidé de ne plus accepter les enfants allergiques dans les cantines scolaires.

Les industriels font des erreurs « flagrantes »

Catherine David a fondé HEKAT, une entreprise de conseil aux industriels en matière d'allergie. Depuis quelques années, il y a une vraie prise de conscience dans ce domaine. Catherine David intervient régulièrement pour éviter les erreurs flagrantes des industriels dans l'agroalimentaire qui utilisent des produits allergisants... sans s'en rendre compte. Elle dénonce certains industriels qui selon elle « ne connaissent pas le comportement du consommateur allergique. Un exemple, poursuit-elle : ils mettent de la noisette dans un jambon blanc pour remplacer le goût du sel manquant. Le consommateur allergique qui va passer 2 heures à éplucher les étiquettes, fera attention à la noisette dans le rayon des produits apéritifs, mais n'aura peut-être pas l'idée de regarder s'il y a de la noisette dans le jambon blanc ».

La rédaction, avec Yannick Olland