BFMTV

Alcoolisme étudiant : la difficile lutte contre le «binge drinking»

-

- - -

L'université d'Amiens a décidé de s’engager dans la lutte contre l’alcoolisme chez les jeunes et notamment contre le phénomène du « binge drinking », ou « biture express ». Un combat difficile, tant le phénomène semble prendre de l'ampleur chez les étudiants.

L’ivresse gagne du terrain. Selon une étude publiée mardi par le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH), trois lycéens sur cinq reconnaissent avoir déjà été ivres. Jusqu’ici, rien de très spectaculaire, sauf que cette ivresse est de plus en plus fréquente. Ainsi, toujours selon cette étude, un quart des lycéens interrogés déclarent avoir été ivres le mois précédant l’enquête, et un quart des élèves de terminale assurent consommer au moins 10 fois de l’alcool tous les mois.

« Ce soir j'ai envie de me mettre la tête à l'envers »

Fort de ce constat, l’Université de Picardie Jules Verne à Amiens a décidé de s’engager dans la lutte contre l’alcoolisme chez les jeunes et notamment contre le phénomène du « binge drinking », la « biture express » qui consiste à boire de grandes quantités d'alcool en très peu de temps pour atteindre l'ivresse très rapidement. Un comportement considéré comme une addiction par les médecins. Dans le cadre d’un projet de prévention européen et par le biais d’expositions et de conférences, l’université veut sensibiliser les étudiants au danger de cette pratique qui accroît les risques d’alcoolisme.
Et visiblement, il y a du travail. A peine remis de sa soirée étudiante très arrosée du samedi soir, Benjamin en est déjà à sa troisième pinte de bière ce dimanche quand il est interrogé par RMC. Quand il a décidé de se saouler, rien ne peut l’en dissuader assure-t-il : « Si je me dis "ce soir j'ai envie de me mettre la tête à l'envers", bon ben voilà. On a 20 ans, on fera peut-être pas ça quand on aura la trentaine, qu'on aura des gosses ou des conneries dans le genre (sic) ».

« Tellement saouls chez eux qu’ils ne viennent même plus en soirée »

Même les organisateurs de soirées se disent maintenant démunis face à l’augmentation de la consommation d’alcool chez les étudiants. Si des mesures sont prises, comme à Amiens, où des pots sans alcool sont organisés et où les opérations commerciales des marques d’alcool sont interdites en soirée, il est particulièrement difficile de faire de la prévention aujourd’hui, comme l’explique Maxime Desmaris, de la fédération des associations étudiantes : « Avant une soirée étudiante, les élèves se retrouvaient chez eux où ils buvaient 2-3 verres avant de partir en soirée et là tout se passait bien. Maintenant, on a de plus en plus de cas où ils boivent trop avant, et du coup ils ne viennent même plus. Le souci, c'est qu'ils sont tellement alcoolisés chez eux que nous on n'a plus de contrôle ».

Philippe Gril avec Julien Gonzalez