BFMTV

E-commerce: la mairie de Paris voudrait taxer les livraisons à domicile, Amazon dans le viseur

-

- - -

Dans une tribune signée par deux élus de la mairie de Paris, le e-commerce et notamment Amazon sont pointés du doigt pour l'impact écologique des livraisons à domicile. Au nom du principe "pollueur-payeur", ils réclament la possibilité d'imposer une "écoredevance" sur les livraisons.

A quelques jours du Black Friday, Amazon et les acteurs du e-commerce sont dans le viseur de la mairie de Paris. Dans Le Monde, Jean-Louis Missika, maire-adjoint en charge de l'urbanisme et président de la plateforme de soutien à Anne Hidalgo Paris en Commun, Ariel Weil maire du 4e et tête de liste Paris en Commun et Diana Filippova, confondatrice de l'agence de communication Stroïka signent une tribune réclamant une "écoredevance" sur les livraisons. 

En cause, l'impact écologique de celles-ci dans les villes. Pour eux, le e-commerce qui explose est "source de congestion et de pollution". 

"Amazon, UberEtas et les autres plateformes ont profité de l'absence de régulation de la logistique urbaine pour encourager des pratiques de consommation qui menacent le coeur des villes", poursuivent-ils. 

Dix fois plus de colis pendant le Black Friday

A Paris pendant la période du Black Friday, 2,5 millions de livraisons sont attendues par jour, "dix fois plus que le nombre de colis livrés quotidiennement le reste de l'année". Fort de ce constat, ils réclament l'application du principe "pollueur-payeur" et la mise en place d'une taxation. Au niveau national, cette taxation a été "plusieurs fois retoquée par le gouvernement" déplorent-ils, d'où l'idée de rendre possible cette taxe au niveau municipal. 

"La loi doit autoriser les collectivités à créer une écoredevance qu'elles pourront imposer sur la livraison à domicile afin de faire payer aux acteurs du e-commerce le coût réel des externalités négatives qu'ils induisent dans la ville", plaident les auteurs de la tribune.

Outre cette écoredevance, ils préconisent à l'échelle de Paris de ne rendre la livraison à domicile possible qu'à certaines heures dans certains quartiers. Une brigade de la police municipale serait chargée de faire respecter ces réglementations. 

Cette semaine, les associations Attac, les Amis de la Terre ainsi que l'Union syndicale Solidaires ont aussi dénoncé l'impact de la livraison rapide pratiquée par Amazon à l'approche du Black Friday. Amazon s'est de son côté défendu d'être devenu "un employeur majeur" avec "plus de 9.300 emplois en CDI en France d'ici la fin de l'année". 

"Le e-commerce peut rendre la ville invivable"

Une récente étude présentée par Anne Hidalgo le mois dernier alertait sur les conséquences du e-commerce qui menace d'aggraver la congestion à Paris. D'après l'étude, si le commerce en ligne est multiplié par 4 le trafic "commercial" dans Paris pourrait être multiplié par deux.

"Le e-commerce peut rendre la ville invivable", prévenait alors Jean-Louis Missika. "Si on ne regarde pas de près la question du e-commerce dans les dix ans à venir, nos villes risquent d'être soumises à de nouvelles congestions qui vont être extrêmement préoccupantes", insistait également Anne Hidalgo. 

Carole Blanchard