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Dîners clandestins: Christophe Leroy, le chef mis en cause, livre sa vérité à BFMTV

Christophe Leroy, le chef cuisinier mis en cause autour de dîners clandestins présumés, s'est exprimé pour la première à la télévision, ce dimanche sur BFMTV. Il a assuré que le lieu qu'il dirige n'est pas un restaurant mais un "club privé" avant de faire son mea culpa.

Deux jours après la levée de la garde à vue de Christophe Leroy, dans le cadre de l'enquête ouverte par le parquet de Paris pour "mise en danger de la vie d'autrui et travail dissimulé", autour de dîners clandestins présumés, le cuisinier s'est exprimé, ce dimanche, sur BFMTV.

Le cinquantenaire a expliqué que sa garde à vue s'était "bien passée" et que les enquêteurs avaient été "respectueux et professionnels".

"Les policiers voulaient savoir quelles personnalités j'avais servies. Je leur ai dit je n'ai jamais servi de membres du gouvernement depuis les mois passés, jamais, jamais, jamais. Je le dis droit dans les yeux, il n'y a eu aucun membre du gouvernement, pas plus des ministres que des secrétaires d'Etat ou autres", a-t-il affirmé.

"Juridiquement, ce n'est pas un restaurant"

Christophe Leroy a assuré que le Leroy's Business Club n'est pas "un restaurant clandestin" mais "un club privé" qu'il a fondé dans son appartement il y a 18 mois, "bien avant le Covid-19". "Je l'ai structuré en juin 2020 et ça a commencé à prendre à la fin de l'année 2020. C'est mon projet de vie, en rien je veux l'arrêter", a-t-il ajouté.

"On reçoit le matin, le midi, l'après-midi, le soir quand c'était possible, dans un esprit club. Tout ça ce n'est pas fondé. Mon métier c'est l'événementiel, la cuisine, les rencontres, depuis 35-40 ans. (...) J'ai trouvé une formule où je reçois chez moi, je présente des gens, c'est un show-room, un espace de co-working. Il y a des gens qui viennent ici travailler, qui louent un bureau. Et comme mon métier c'est l'art de vivre, la gourmandise, c'est normal que je leur serve quelques plats et quelques mets", a-t-il expliqué.

Le cuisinier a martelé qu'il n'organisait pas de "repas". "On paie un forfait minimum de 130 euros pour passer la porte, si j'ai validé l'invitation, qu'on mange un plat ou qu'on boive un verre d'eau. Pourquoi? Parce que c'est un lieu où on a internet à disposition, c'est un salon, comme vous seriez dans un lobby de palace. On est à 300 mètres des Champs-Élysées, ce n'est pas gratuit, pourquoi ça le serait? J'ai une clientèle internationale qui vient ici", a-t-il ajouté. L'idée est, selon lui, "la rencontre des gens".

"Pourquoi ce mot restaurant? Pourquoi voir le côté négatif des choses? C'est très français de voir le négatif. Laissons les gens faire des choses. Juridiquement ce n'est pas un restaurant. Tous les documents ont été donnés aux enquêteurs", a-t-il encore soutenu.

Une vingtaine d'événements

Les personnes qui se rendent au Leroy's Business Club n'arrivent "pas par hasard". Il s'agit de "membres" qu'il connaît et qu'il valide. "Les clients qui viennent ici ce sont des gens que je connais, de réseau en réseau, c'est comme un parrainage", a-t-il précisé.

"En période de Covid-19, il n'y a jamais eu plus de six personnes autour d'une table", dans l'une des trois pièces de l'appartement, a assuré Christophe Leroy.

Le cuisinier n'a pas souhaité donner de noms, "sinon ce ne serait pas un club privé" a-t-il insisté, mais les a cependant confiés aux enquêteurs. Parmi sa clientèle se trouvent des chefs d'entreprise, des leaders d'opinion, des artistes ou encore des médias.

Entre octobre 2020 et aujourd'hui, "une vingtaine d'événements autour de personnalités et d'écrivains" ont été organisés. "Tous les jours il y a avait du monde, deux personnes, quatre personnes, six personnes mais ce ne sont pas des événements", a-t-il ajouté.

"Une maladresse"

Avec Pierre-Jean Chalençon, qu'il a rencontré il y a 18 mois "dans un club parisien", ils se sont appelés, le 31 mars, lors de la dernière allocution télévisuelle d'Emmanuel Macron.

"J'ai fait une erreur. Avec Pierre-Jean Chalençon, on se parle à 17 heures, le 31 mars. On hésite à annuler, on aurait dû, c'est une maladresse. Bien sûr qu'il ne fallait pas faire ce petit événement, qui était une conférence, et comme je ne sais pas faire autrement je fais goûter des petites choses", a affirmé Christophe Leroy, à propos de la soirée du 1er avril organisée au Palais Vivienne. "Est-ce-que ça mérite ce tollé médiatique?", s'est-il questionné.

Le cuisinier a assuré que "tant qu'on ne (lui) coupera pas les mains, on ne (l')empêchera pas de travailler". "C'est ma vie et j'ai de la chance. Je suis tellement passionné tous les matins, ce n'est pas une épreuve, ça passera comme toutes les autres", a-t-il indiqué.

Fabrice Babin avec Clément Boutin