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Deux mois avant la mort d'un patient à Rennes, un homme a fait un AVC en ingérant la même molécule

Le 17 janvier, un patient mourait après une phase de test d'une molécule appelée "BIA 10-2474". Une IRM vient renforcer aujourd'hui les charges pesant sur cette expérimentation.

Le 17 janvier dernier, un patient décédait à l’hôpital de Rennes. Il faisait partie d’un panel de cinq personnes testant une molécule du laboratoire portugais Bial censée agir sur le système nerveux, combattre diverses douleurs et soigner l’anxiété.

Jusqu’ici, pour expliquer le drame, on évoquait les antécédents médicaux des patients (l’individu mort à la suite du traitement avait souffert d’un traumatisme crânien lourd) mais aussi des doses quotidiennes trop élevés: les cobayes devaient ingérer 50 mg de la molécule "BIA 10-2474". Désormais, un nouvel élément fait surface. Révélé par Le Figaro santé et inconnu des gendarmes selon le quotidien, il a été transmis à des experts médicaux chargés d’apporter leurs expertises.

Un AVC "ancien"?

Ce document, l’IRM cérébral d’un patient ayant participé à une expérience similaire au mois de novembre au sein d’un autre panel, révèle un AVC survenu en novembre 2015. La date n’a rien d’anodin: elle correspond à l’époque où il expérimentait la même molécule, au CHU rennais également. Ce quinquagénaire a d’ailleurs éprouvé à deux reprises des troubles visuels passagers peu après l’ingestion.

Mais c’est après cette période de test qu’il se rend à nouveau au CHU afin d’y faire une IRM cérébrale. On est alors au mois de janvier, et les développements tragiques des tests de la molécule poussent le personnel médical à l’inciter à faire cette démarche. On découvre alors qu’il a été victime d’un accident vasculaire-cérébral.

Le professeur qui le reçoit le lui signale tout en précisant que l’AVC est "ancien" et qu’il est impossible d’arriver à être plus net sur la question. Ce n'est, visiblement, pas l'avis des experts contactés par Le Figaro santé, qui ont daté l'attaque à "environ deux mois" avant l'examen. L’hôpital garde la silence, arguant du secret médical.

R.V