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Des militantes demandent des protections menstruelles moins chères pour les détenues

La prison pour femmes de Versailles (photo d'illustration)

La prison pour femmes de Versailles (photo d'illustration) - Kenzo Tribouillard / AFP

Des militantes de l'association féministe Georgette Sand manifestaient ce mercredi devant le ministère de la Justice pour réclamer la gratuité ou un coût réduit des protections hygiéniques pour les femmes détenues, qui vivent dans une précarité accrue par rapport aux hommes, selon l'association.

Des militantes féministes ont manifesté ce mercredi devant le ministère de la Justice, à Paris, pour réclamer que les quelque 2.500 femmes détenues dans les prisons de France puissent bénéficier de protections menstruelles à moindre coût.

Une dizaine de manifestantes, membres de l'association Georgette Sand qui lutte pour une meilleure "visibilité des femmes dans l'espace public", ont déployé une banderole proclamant "Précarité menstruelle en prison: l'État s'en tamponne". Vêtues de combinaisons orange, elles brandissaient une sorte de tampon géant en tissu, qu'elles ont également arboré devant les vitrines toutes proches du joailler Cartier, avec ce slogan en forme de jeu de mots: "Dans les quartiers pénitentiaires, les règles sont du luxe".

Dénoncer la précarité menstruelle des détenues

"En prison, les femmes doivent parfois débourser 7,50, voire 9 euros pour une boîte de tampons que l'administration pénitentiaire a achetée 2,50 euros à la supérette du coin", a expliqué à l'AFP Ophélie Latil, l'une des manifestantes. "Nous demandons que les détenues aient accès à des protections menstruelles gratuites, ou a minima à prix coûtant", a-t-elle ajouté.

Selon la militante, "les femmes en prison sont encore plus précaires que les hommes. Si elles n'ont pas d'argent, elles auront zéro tampon, zéro serviette, elles vont utiliser du papier journal ou se fabriquer une coupe menstruelle avec une bouteille en plastique".

L'association Georgette Sand a aussi publié sur Twitter plusieurs visuels visant à sensibiliser à la précarité des détenues. 

Dans un rapport remis mi-octobre au gouvernement, la sénatrice LaREM Patricia Schillinger a recommandé d'expérimenter la gratuité des protections périodiques pour les femmes précaires ou incarcérées mais aussi pour les collégiennes et étudiantes. Le débat autour de la précarité menstruelle avait défrayé la chronique en 2015, au moment des discussions sur le taux de TVA qui était appliqué aux protections hygiéniques. Grâce à la mobilisation de collectifs féministes, il avait été ramené à 5,5%.

J.G. avec AFP