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Protections hygiéniques: le gouvernement veut expérimenter des distributions gratuites

Le gouvernement réfléchit à un plan pour aider les femmes à s'acheter des protections hygiéniques

Le gouvernement réfléchit à un plan pour aider les femmes à s'acheter des protections hygiéniques - Loïc Venance - AFP

C’est la journée mondiale de l’hygiène féminine. Le gouvernement réunit ce mardi plusieurs ministres, parlementaires, entrepreneuses et associations pour convenir d’une stratégie commune et permettre "d’améliorer la vie de toutes les femmes".

C’est Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes qui est à l’initiative de cette rencontre. Dans un communiqué, elle estime que "la précarité menstruelle est un sujet majeur", et que la question de l'hygiène féminine soulève aussi des questions de "santé environnementale" liées à la composition des produits.

C’est la première fois que le gouvernement réunit toutes les parties prenantes pour travailler sur le sujet, et il promet des mesures et des objectifs clairs à l’issue de la rencontre aujourd'hui.

Distribution gratuite de protections hygiéniques

Parmi les mesures qui devraient être annoncées, le lancement d’une mission relative à l’expérimentation de la gratuité des protections hygiéniques. Cette mission sera confiée à la sénatrice LREM Patricia Schillinger, qui avait déposé un amendement en fin d’année dernière, dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2019.

Elle souhaitait la mise en place d'une expérimentation visant à distribuer gratuitement des produits menstruels dans des écoles, hôpitaux, prisons... L'amendement avait été retiré à la demande de la ministre de la santé Agnès Buzyn, qui s'était engagée à travailler sur le sujet en 2019. 

Améliorer la sécurité des protections hygiéniques 

Le gouvernement devrait aussi plaider pour une amélioration de la sécurité et de l’information délivrée aux consommatrices sur la composition et à l’utilisation des protections menstruelles. Selon une enquête publiée dans le magazine 60 millions de consommateurs en février, "les contaminations par des substances dont le potentiel toxique est avéré ou suspecté persistent", même si l'Anses a conclu de son côté à l'absence de risque chimique dans une étude publiée en 2018

La secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'économie, Agnès Pannier-Runacher devrait demander officiellement aux industriels de répercuter sur le processus de fabrication des produits d’hygiène féminine les enseignements tirés des diagnostics de l'Anses sur la fabrication des couches pour bébé. L’Agence de sécurité sanitaire avait récemment recommandé d’améliorer la sécurité sanitaire de ces produits. Le gouvernement devrait également plaider pour davantage de transparence en termes de transparence sur la composition des produits, et sur la sensibilisation au syndrome du choc toxique (SCT). 

Enfin, le lancement d'une enquête de la répression des fraudes sur la sécurité des coupes menstruelles, sorte de cloches en silicone réutilisables, sera annoncée. Les résultats de cette étude devraient être publiés fin 2019. 

Marie Dupin pour BFMTV.com