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Déconfinement: un week-end de l'Ascension aux airs de grand test

Les autorités sanitaires appellent à la plus grande prudence, et au respect des gestes barrières, alors que se profile ce week-end de quatre jours.

"Ca va être un test." Quelques heures avant le week-end de l'Ascension, qui débute ce jeudi, le maire des Sables-d'Olonne, Yannick Moreau, ainsi que les élus de nombreuses autres villes côtières, ont fait montre de leur inquiétude quant à la possible arrivée massive de touristes sur le littoral français. Si certains veulent jouer la prévention, d'autres l'ont assuré: les verbalisations se multiplieront si les règles du déconfinement ne sont pas respectées.

Mais les édiles locaux ne sont pas les seuls inquiets, à l'aube de ce week-end prolongé. Interrogé sur BFMTV, Franck Chauvin, président du Haut-conseil de la santé publique, membre du bureau scientifique, souligne lui-aussi que des potentiels déplacements massifs constituent des "motifs d'inquiétude." 

"Il faut que nous comprenions que la phase est critique. Le confinement est levé, et maintenant si on reprend nos habitudes d'avant, l'épidémie va revenir. Il faut changer nos habitudes", martèle-t-il. 

Faire confiance aux Français

Comme l'avait expliqué Édouard Philippe lors de la présentation de son plan de déconfinement devant l'Assemblée nationale, les Français vont ainsi devoir faire preuve de responsabilité, afin de ne pas faire repartir l'épidémie.

Pour Benjamin Davido, infectiologue à l'hôpital Raymond Poincaré de Garches, il faut faire confiance aux Français, d'autant que la courbe des infections semble décliner peu à peu. 

"Actuellement, on observe toujours un infléchissement du nombre de malades en réanimation. En médecine conventionnelle, la demande pour des formes sévères de Covid-19 a fortement chuté. On espère que ça continuera", fait-il valoir sur BFMTV. 

Sur la question des possibles signes de relâchement, Benjamin Davido explique que c'est "de nature normale" après deux mois de confinement. "Il faut rester vigilant et souligner des gens qui font des actes inconscients, qui participent à partager le virus", ajoute-t-il. 

Dans sa réflexion, il est rejoint par David Le Bars, secrétaire général du syndicat des commissaires de la police nationale (SCPN-Unsa), qui, quant à lui, a tenu à rendre hommage aux Français durant le confinement. "On peut considérer que les Français se sont bien comportés. Un million de verbalisations, mais c'est à leur honneur", souligne-t-il encore.

Quels dangers pour ce week-end? 

Au cours des quatre prochains jours, il conviendra donc de ne pas relâcher ses efforts et de continuer à porter le masque et à utiliser les gestes barrières, qui restent les moyens les plus efficaces contre la propagation de la maladie.

Pour autant, comme le souligne encore Benjamin Davido, si ces consignes sont respectées, un déjeuner en famille n'est plus un réel danger.

"Il faut reprendre une vie avec des précautions et ne pas vivre dans une solitude, ni se marginaliser. Il fait faire attention aux autres, la transmission est verticale, j'ai conseillé à des amis proches de revoir leurs petits-enfants. Il faut que chacun se réapproprie l'espace de vie. La vérité, c'est qu'il faut apprendre à vivre avec, et la fin de cette épidémie sera le vaccin", assure-t-il. 

En ce qui concerne les déplacements, ceux-ci sont toujours autorisés dans une limite de 100 km, mais pour David Le Bars, "ça reste assez libre, et certains en profitent et contournent le système."

Et c'est peut-être là que le bât-blesse, souligne-t-il, prenant un exemple concis. 

"Sur le site du gouvernement, la résidence secondaire fait partie des justificatifs de domicile. Pour les Français qui ont deux adresses, et si le saut de puce est possible, que ça rentre dans le diamètre prévu, les 100 kilomètres, ça augmente la circulation, mais le gouvernement l'autorise", conclut-il. 
Hugo Septier