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De Vintimille à Calais, une marche solidaire pour les migrants

Cette marche symbolique de 1.400 kilomètres s'est élancée de la frontière italienne ce lundi et doit atteindre Calais puis Londres, la capitale britannique, le 8 juillet prochain.

1.400 kilomètres en 60 étapes, pour une moyenne de 50 randonneurs sur 70 jours. Une marche de solidarité avec les migrants s'est élancée ce lundi matin de la ville italienne frontalière de Vintimille, où des migrants passés par l'Italie se retrouvent très souvent bloqués. Elle doit rejoindre Calais, puis Londres, pour une arrivée prévue le 8 juillet prochain, avec plusieurs moments forts attendus notamment à Marseille, Lyon ou encore Paris. 

Lancé par l'Auberge des migrants, cet événement réunit des nombreuses associations et permettra de valoriser le travail des organisations au quotidien avec les migrants. Tout en alertant l'opinion publique sur le parcours long et souvent dangereux emprunté par les migrants, retracé par l'itinéraire de la marche.

"C’est le parcours des migrants, qui viennent de Méditerranée, qui traversent l’Italie et qui cherchent à aller en France, soit pour y rester, soit pour passer en Grande-Bretagne, voire dans certains pays d’Europe du Nord", rappelle François Guennoc, le président de l'Auberge des migrants, sur BFMTV.

Parmi les marcheurs, José Bové et Cédric Herrou

Avant le départ, une minute de silence a été observée en mémoire de 17 migrants tués depuis juin 2015, selon le décompte de l'association locale ADN, en tentant de franchir la frontière Vintimille-Menton par la route, le rail ou des chemins de montagne périlleux.

"Ces femmes et ces hommes qui au péril de leur vie ont traversé la Méditerranée, qui ont subi souvent des tortures, des viols, aujourd’hui on doit les accueillir. Cela doit se faire au niveau européen et on doit sortir de ces postures qui attisent les peurs, qui construisent des murs", plaide pour sa part l'eurodéputé José Bové, qui participe à cette marche.  "On est le continent le plus riche de la planète (...), là on parle d’accueillir quelques centaines de milliers de personnes, ce qui est tout à fait dérisoire", ajoute-t-il, sur BFMTV.

Le tracé de la marche.
Le tracé de la marche. © Capture BFMTV

Vers un effet "boule de neige"?

Dans les rangs des marcheurs se trouve aussi l'emblématique militant Cédric Herrou. L’agriculteur a été arrêté à plusieurs reprises et condamné notamment à quatre mois de prison avec sursis pour avoir aidé près de 200 migrants à traverser la frontière italienne par la vallée de la Roya. Sur BFMTV, il explique depuis Breil-sur-Roya, la première étape après Vintimille, espérer attirer des "citoyens lambda".

"Il y a beaucoup d'associatifs pour l'instant, de personnes militantes", souligne-t-il, "on espère que ça fera boule de neige."

Une semaine après le vote du projet de loi asile

Parmi les citoyens anonymes déjà inscrits, Gabriel explique sur notre antenne vouloir protester contre la politique migratoire du gouvernement. "J'ai un peu honte d'être Français aujourd'hui, quand je vois la politique qui est menée en défaveur des migrants". Cet événement symbolique a lieu une semaine après la vote du projet de loi asile et immigration par l'Assemblée nationale. Il s'oppose particulièrement au délit de solidarité, en vertu duquel des personnes ayant aidé des migrants en situation irrégulière peuvent être inquiétées, et qui n'a pas été supprimé par ce projet de loi. 

La marche s'oppose aussi au blocage des frontières et s'inscrit en réaction à l'opération médiatique organisée par le groupuscule d'extrême droite Génération identitaire dans les Alpes. Des militants s'étaient rendus sur le col de l'Echelle pour "bloquer" des migrants empruntant ce passage afin de se rendre en France. Une enquête ouverte après cette opération a été classée sans suite. 

Charlie Vandekerkhove