BFMTV

Opération anti-migrants dans les Alpes: trois identitaires avaient été refoulés du Royaume-Uni en mars

Des activistes identitaires ayant tenté de bloquer le col de l'échelle pour empêcher le passage de migrants, le 21 avril 2018.

Des activistes identitaires ayant tenté de bloquer le col de l'échelle pour empêcher le passage de migrants, le 21 avril 2018. - ROMAIN LAFABREGUE / AFP

Parmi les militants impliqués dans le coup médiatique de Génération identitaire, un Autrichien, une Canadienne et une Américaine jugés indésirables en Angleterre et expulsés du pays en mars dernier. Une triple expulsion décidée au nom de "l'intérêt général".

Ils ont fait parler d'eux samedi et dimanche en affirmant avoir "bloqué" un point de passage emprunté par des migrants dans les Alpes. Génération identitaire (GI), un groupuscule d'extrême droite fondé en 2012 et habitué des opérations médiatiques, avait réuni pour l'occasion une majorité de Français, mais aussi des Italiens, Hongrois, Danois, Autrichiens, Anglais et Allemands.

Une opération baptisée "Defend Europe", comme en juillet 2017, lorsque GI avait affrété le navire C-Star en Méditerranée, pour dissuader les ONG de secourir les migrants en mer. Arrivée le 5 août au large de la Libye, l'opération avait pris fin le 17 août. Derrière ce nom, le collectif comprend des militants extra-européens, dont au moins une Américaine et une Canadienne, Brittany Pettibone et Lauren Southern. Avec un troisième militant, Martin Sellner, un Autrichien, elles ont été expulsées du Royaume-Uni en mars dernier, comme le rapportait la BBC. 

Leur présence jugée "contraire à l'intérêt général"

D'après nos confrères, Brittany Pettibone et Martin Sellner, en couple, ont été stoppés à leur arrivée à l'aéroport de Luton puis retenus pendant deux jours, avant d'être expulsés. Lauren Southern a quant à elle été empêchée de passer la frontière depuis la France. Tous trois prévoyaient de rencontrer Tommy Robinson, un politicien d'extrême droite, ancien leader de la Ligue de défense anglaise.

Citées par la BBC, les autorités ont expliqué les raisons de ces trois expulsions: "la police aux frontières a le pouvoir de refuser l'entrée à tout individu s'il est considéré que sa présence au Royaume-Uni est contraire à l'intérêt général". 

Fake News et page Youtube

Nos confrères anglais rappellent que Brittany Pettibone s'était illustrée en se faisant l'une des porte-voix d'une des plus célèbres fake news aux Etats-Unis: le pizza-gate, une théorie du complot lancée avant la campagne présidentielle et selon laquelle une pizzeria de Washington abritait un réseau de pédophilie organisé par le parti démocrate, et en particulier Hillary Clinton. De nombreux messages y font toujours référence sur son compte Twitter, suivi par 136.000 personnes.

Lauren Southern aurait été interrogée par les autorités sur ses opinions politiques et sur le terrorisme d'extrême droite. Elle a déclaré à la BBC avoir été refusée à la frontière à cause de son implication dans "la distribution de documents racistes" à Luton. Sur sa page Youtube, au contenu très politisé, elle est suivie par 514 367 abonnés.

Charlie Vandekerkhove