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D'où viennent principalement les migrants accueillis en France?

Le démantèlement du plus grand bidonville de France, la "Jungle" de Calais, a débuté lundi dernier. 6.400 migrants ont été disséminés dans ces centres d'accueil et d'orientation, partout en France. En majorité, ces réfugiés viennent d'Afghanistan, du Soudan, et d'Erythrée.

Le démantèlement de la "Jungle" de Calais devrait s’achever ce lundi. Depuis jeudi, les pelleteuses oeuvrent à la démolition du plus grand bidonville de France. Il aura fallu une semaine et des centaines de bus pour que 6.400 migrants puissent quitter la "Jungle" et se rendre dans les 450 centres d’accueil et d’orientation (CAO) disséminés dans le pays.

Ces migrants viennent en majorité de trois pays, le Soudan, l’Erythrée et l’Afghanistan, détaille Pascal Brice, directeur général de l’Office français de la protection des réfugiés et des apatrides (OFPRA), à BFMTV.

S’ils ont quitté le Soudan, c’est pour fuir la crise au Darfour. Une crise accentuée à la suite de l’indépendance du Soudan du Sud en 2011. Depuis, le pays est en proie à une guerre civile.

Ceux qui viennent d’Erythrée s'évadent de la dictature sanglante d’Issayas Afeworki. Ce sont en majorité des jeunes "qui fuient un service militaire à vie dans des conditions absolument terribles", rapporte Pascal Brice.

L’Afghanistan quant à lui est en guerre avec les Etats-Unis pour évacuer les talibans et Al-Qaïda depuis 2001, mais à l’heure où les troupes occidentales se retirent, les talibans reprennent positions dans le pays, tandis que le groupe terroriste Daesh prolifère, commettant des attentats contre la population.

Rejoindre l'Angleterre

Ces réfugiés ont un point commun: tous cherchaient initialement à rejoindre l’Angleterre. Parce qu’ils parlent anglais et qu’un certain nombre de leurs compatriotes y ont déjà trouvé refuge.

  • A l’inverse des ces nationalités, les syriens étaient peu nombreux à Calais. A la suite de l’accord signé entre l’Union Européenne et la Turquie, le pays d’Erdogan les retient désormais sur son territoire. Quant à ceux qui parviennent à passer le filtre, ils essaient de se rendre en Allemagne.

“En ce qui concerne la France, ce sont un peu plus de 10.000 syriens qui ont été accueillis depuis le début de la guerre en Syrie”, précise Pascal.

Syriens, Erythréens ou Soudanais, quelle que soit leurs origines, les migrants qui cherchent refuge en France ont été poussés à l’exil pour des raisons similaires. Dans 70 % des cas selon l’OFPRA, les migrants ne fuient pas la pauvreté, mais plutôt la guerre ou la dictature.

Marine Henriot, Jules Chiapello et Audrey Vuetaz