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Cyber-harcèlement au lycée: "On se fait humilier"

Avec le développement des réseaux sociaux, les adolescents sont les cibles de cyber-harcèlement. Au point que de venir en cours devient un véritable calvaire.

40% des 13-17 ans avouent avoir déjà été confrontés au phénomène. Le cyber-harcèlement en milieu scolaire est un réel phénomène qui gagne les cours d'école. Un terrain de jeu idéal pour les agresseurs qui agissent à 85% dans le cadre d'un groupe avec des pratiques de plus en plus dangereuses concernant le partage de photos ou de vidéos. Une accélération de ce type d'harcèlement en ligne rendu possible par le développement de certaines applications.

Dans un lycée de Villepinte, en Seine-Saint-Denis, c'est l'application de partage de photos Snapchat qui est en cause et son usage fait régner une ambiance délétère dans l'établissement. Depuis plusieurs mois, un compte du réseau social diffuse des photos privées ou des clichés à caractère sexuel. Le personnel est obligé d'organiser des réunions pour contrer ce phénomène, banalisant ainsi des après-midis de cours. Une enquête a également été ouverte.

"La situation de ce lycée n’est pas du tout spécifique, on a là un sujet de société. L’idée est d’outiller les personnels, mais également les élèves et également les parents, sur ces situations de cyberviolence", insiste Régis Astruc, proviseur de la vie scolaire à la direction académique de Seine-Saint-Denis.

Photo nu

Alors que le phénomène se propage depuis plusieurs mois, la direction ou les élèves ne savent pas qui diffusent ces images. "Ils s’amusent à balancer des photos de gens nus, ou en tout cas des montages qui se moquent des gens affichés, détaille un jeune lycéen. Il y a des centaines de gens qui connaissent le compte au nom du lycée donc ça tourne vite." Et pour les victimes, le stresse est permanent.

"Nous après on se fait humilier, confie cette jeune lycéenne. Quand on passe dans les couloirs, devant le lycée, on nous regarde mal. Ca nous donne pas envie d’aller au lycée, c’est quelque chose de malsain."

Numéro d'écoute

Ces nombreuses victimes se confient peu, et ce, alors même que les autorités les invitent à porter plainte. Selon E-enfance, association de protection des enfants et des adolescents contre les dangers d'internet, 22% d'entre eux ne parlent à personne de ces agressions. Par honte, par crainte... 61% des élèves harcelés disent avoir déjà eu des idées suicidaires.

"Quand on a des images, soit elles sont volées, ce qui est assez rare. Ce sont des réelles images, vraies, que l’adolescent a donné à un moment de façon consentie, décrypte Justine Atlan, présidente de l'association. Les adolescents n’ont pas forcément envie que leurs parents sachent qu’ils ont une activité sexuelle tout court. On a beaucoup d’appels pour nous demander de les aider à faire disparaître ces contenus en ligne."

Un numéro d'écoute est à leur disposition: le 0.800.200.000

J.C. avec Alexis Cuvillier et Véronique Fèvre