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Conflans: le grand imam de Bordeaux appelle à "rester unis" et à "ne pas céder à la division"

Tareq Oubrou, le grand imam de Bordeaux, a tenu à défendre, sur BFMTV, les valeurs de la République et le vivre-ensemble, au lendemain de la décapitation d'un professeur d'histoire-géographie à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines.

Au lendemain de la décapitation d'un professeur d'histoire-géographie qui avait montré à ses élèves des caricatures de Mahomet, à Conflans-Sainte-Honorine, dans les Yvelines, Tareq Oubrou, le grand imam de Bordeaux, a voulu apporter un message de paix et d'unité.

"La République est forte et n'a pas à trembler devant ces actes barbares. Je pense que les valeurs de la République vont triompher. Nous devons rester unis et ne pas céder à la division. Le but de ces actes est de semer une terreur au niveau psychologique. Il faut résister, ce sont des gestes de désespoir et de folie", a-t-il déclaré sur BFMTV ce samedi.

Tareq Oubrou s'est dit "doublement choqué", tout d'abord "de voir un enseignant se faire égorger parce qu'il a essayé de faire son travail" et ensuite "en tant que musulman parce que ce crime a été perpétré au nom de [sa] religion".

"Une situation psychologique assez tendue"

Le grand imam de Bordeaux a expliqué craindre que les musulmans souffrent de ces actes, car, selon lui, "automatiquement les gens vont faire un lien entre la religion et ces crimes".

"C'est une situation psychologique assez tendue, nous vivons très mal cette situation. La quasi-totalité des musulmans de France veulent vivre tranquillement, paisiblement, dans la discrétion parmi leurs concitoyens français. Ces actes sont là pour semer cette brisure, cette fissure, cette division entre une communauté spirituelle musulmane qui veut vivre vraiment en paix dans un pays où Dieu est heureux", a-t-il poursuivi.

"Défendre la liberté d'expression"

Tarek Oubrou a appelé à "défendre la liberté d'expression". Il faut, selon lui, "enseigner à nos enfants cette tolérance et cette ouverture, quitte à être vexé, parce que c'est ça le vivre-ensemble".

"Ce que cet enseignant a essayé de faire, au niveau séculier, laïque, dans une école, c'est ce que j'ai essayé de faire dans ma mosquée. J'ai réservé cinq serments du vendredi pour la liberté d'expression. Dieu a donné cette permission à l'homme de caricaturer le divin et les prophètes. C'est théologiquement parlant, c'est établi dans les textes. Cette liberté est sacrée. Une foi sans liberté n'a aucun sens, c'est la liberté qui caractérise l'être humain. Fondamentalement, toute théologie qui se respecte doit défendre la liberté quitte à être vexé", a explique le grand imam de Bordeaux.

Ce dernier a conclu que "les valeurs de la République sont là pour unir les gens au-delà de leurs convictions, religieuses ou pas".

Clément Boutin Journaliste BFMTV