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Chant du coq, cloche, meuglement: un maire veut faire inscrire les bruits ruraux au patrimoine de l'Unesco

Image d'illustration - le maire veut protéger les bruits produits par les animaux  de la campagne, mais aussi les tracteurs ou les cloches des églises

Image d'illustration - le maire veut protéger les bruits produits par les animaux de la campagne, mais aussi les tracteurs ou les cloches des églises - Pixabay

Un maire de Gironde souhaite protéger les bruits ruraux, qui font partie du "rythme de la campagne et des choses aussi riches que simples qui la composent", selon lui.

Bruno Dionis du Séjour, maire de la commune de Gajac, en Gironde, se lance dans la défense des bruits de la campagne, face à ceux qui souhaitent les faire taire. L'élu a écrit une lettre ouverte en mai aux parlementaires français pour que les bruits ruraux soient inscrits au patrimoine national, relève Le Figaro.

"Que le chant du coq, l'aboiement familier du chien, la cloche de l'église, le meuglement des vaches, le braiement de l'âne et le pépiement des oiseaux soient proclamés patrimoine national", écrit le maire de Gajac dans sa lettre.

"L'égocentrisme des nouveaux concitoyens, d’origine urbaine"

Plusieurs faits divers ces dernières années rapportent des habitants excédés par les bruits ruraux, notamment ceux des cloches des églises, qui tentent de les interdire. Début mars, dix-huit habitants du centre-ville de Colmar menaçaient de porter plainte si rien n'était fait pour minimiser le bruit des cloches sonnant le début de la messe le dimanche matin. En août 2018, des vacanciers dans le Doubs demandaient à ce que soit décalée la sonnerie de l'église de la commune des Bondons, qui sonnait trop tôt - à 7 heures - pour eux. 

Face à ces attaques contre ce que certains considèrent comme des nuisances sonores, Bruno Dionis du Séjour oppose "le rythme de la campagne et des choses aussi riches que simples qui la composent". Il rappelle que les animaux sont le gagne-pain de beaucoup d'habitants de la campagne, comme les éleveurs, et "parfois un tracteur est nécessaire pour cultiver la terre et parfois même le dimanche", écrit-il.

Le maire tacle au passage les responsables des plaintes contre ces bruits, évoquant "l’égocentrisme d’un de ses nouveaux concitoyens, d’origine urbaine la plupart du temps, et découvrant la campagne comme le sot découvre que les œufs ne se cueillent pas dans les arbres".

"Assurer la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel"

Le classement au patrimoine national serait selon lui une façon d'empêcher toute personne d'interdire ces bruits intrinsèques à la campagne française, ou même de tenter de les interdire. Bruno Dionis du Séjour compte sur la réglementation de l'Unesco pour faire aboutir sa demande.

"Il appartient à chaque État partie de prendre les mesures nécessaires pour assurer la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel présent sur son territoire", dit l'article 11 du texte de la Convention pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel.

Le maire de Gajac est déjà soutenu par plusieurs élus locaux, et Pierre Morel-A-L’Huissier député de Lozère (UDI), déclare au Figaro vouloir "déposer une proposition de loi en ce sens sous forme de résolution d’ici à une dizaine de jours".

Salomé Vincendon