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Ces espèces exotiques qui prolifèrent en Europe mettent en danger la biodiversité

L'Union Européenne reconnait 37 espèces classées comme "exotique envahissante" (EEE). Parmi elles, le frelon asiatique, l'écrevisse de Louisiane ou encore le myriophylle du Brésil.

La biodiversité est en grand danger. Cette affirmation, pessimiste et alarmante, est la conclusion d'un rapport sans précédent publié ce lundi par un groupe d'experts de l'ONU sur la biodiversité (IPBES) qui prévoit l'extinction d'un million d'espèces menacées. 

Et les causes sont multiples et connues. Selon les 450 experts dépêchés plusieurs années sur le sujet, quatre raisons sont à noter: l'utilisation des terres (agriculture, déforestation), l'exploitation directe des ressources (pêche, chasse), le changement climatique et les pollutions. Cependant, une cinquième, moins commentée, attire également l'oeil: les espèces invasives.

37 espèces recensées en Europe

Selon l'INPN, l'Inventaire National du Patrimoine Naturel, les espèces invasives, également appelées espèce "exotique envahissante" (EEE) est "une espèce allochtone dont l'introduction par l'Homme (volontaire ou fortuite), l'implantation et la propagation menacent les écosystèmes, les habitats ou les espèces indigènes avec des conséquences écologiques ou économiques ou sanitaires négatives." 

En 2016, l'Union Européenne avait recensé 37 espèces classées dans cette catégorie, dont l'écrevisse de Louisiane, le frelon asiatique et la grenouille taureau. 

Le frelon asiatique, "star" des EEE

Mis sous le projecteur des médias, le frelon asiatique est probablement l'EEE la plus connue en France. Dans un récent article, le quotidien Sud-Ouest indiquait que l'insecte avait été déclaré comme nuisible et invasif en 2012 mais que malgré tout, sa population avait grandi dans l'Hexagone et dans une large partie ouest du pays.

Une situation problématique, tant cette espèce cause de sérieux problèmes à la faune endémique. Les abeilles, déjà mises à mal par certains pesticides sont les premières à en souffrir. Dans les zones urbaines, "la part protéinée du régime alimentaire de V. velutina est composée à 80% d'abeilles", contre "45 à 50% en zones rurales", détaille le site Biodiversité en Poitou-Charentes.

En revanche, Normalement, cette espèce ne s'attaque pas à l'homme. Sauf si une personne de trouve à moins de 5 mètres du nid.

Les cours d'eau pas épargnés 

L'écrevisse de Louisiane
L'écrevisse de Louisiane © CC

En milieu aquatique, les EEE prolifèrent également. Ainsi, l'écrevisse de Louisiane, facilement identifiable à sa couleur rouge, est un crustacé péché à foison sur l'ensemble du territoire français. Introduite en France dans le cadre d'élevages destinés à la restauration, elle a désormais quasiment totalement remplacé l'écrevisse à patte blanche, que l'ont trouvait originellement dans tous les cours d'eau français.

Comme l'explique encore Sud-Ouest, la Gironde semble de son côté touchée par la prolifération de la grenouille-taureau, introduite dans le département il y a une trentaine d'années. L'imposant animal,qui a élargit son territoire de manière rapide, a peu à peu pris la place de la grenouille verte d'origine.

L'invasive grenouille-taureau
L'invasive grenouille-taureau © CC

Enfin, le silure, poisson extrêmement apprécié par les pêcheurs pour on imposante taille, est lui aussi un fléau dans certains courts d'eau. Dans un article de Libération datant de 1996, on apprend que l'Association des pêcheurs de Neuilly, Levallois et des environs (APNLE) avait lâché plusieurs de ces poissons dans un lac du Bois de Boulogne afin d'éradiquer les tortues de Floride, abandonnées par certains propriétaires peu responsables. Peu à peu, les silures ont trouvé d'autres proies de choix dont des canards et des cygnes. 

Le silure
Le silure © CC

Les plantes peuvent également être redoutablement envahissantes. En août dernier, nous vous racontions l'invasion d'étangs de l’Ain par le myriophylle du Brésil, une plante aquatique extrêmement résistante et qui prolifère vite. S'il subsiste dans l'eau un seul morceau de tige: le plant repousse. Il suffit qu’un animal la transporte pour qu'elle colonise un nouveau plan d’eau. 

Hugo Septier