BFMTV

Casseurs: Hollande menace d’interdire les manifestations

Selon François Hollande, le réseau des attentats de Paris et Bruxelles "en voie d'être anéanti".

Selon François Hollande, le réseau des attentats de Paris et Bruxelles "en voie d'être anéanti". - Capture BFMTV

Hier mardi, des casseurs ont pris pour cible l'hôpital Necker, qui se trouvait sur le parcours de la manifestation parisienne contre la loi Travail. Ce mercredi, les réactions politiques affleurent, alors que François Hollande menace d'interdire les manifestations si les violences persistent, suscitant la perplexité de la CGT. 

Cité par Stéphane Le Foll, le président de la République a déclaré ce mercredi qu'il n'y aurait plus "d'autorisation de manifester" si la préservation des "biens et des personnes" ne pouvait être "garantie", dans un contexte "où la France accueille l'Euro" et "où elle fait face au terrorisme". Cette annonce intervient alors que la veille, des casseurs se sont attaqués à l'hôpital Necker, au cours de la manifestation parisienne contre la loi Travail. D'autres réactions politiques sont également apparues depuis ce mercredi matin, demandant à la CGT tantôt de ralentir son mouvement, tantôt de prendre (toutes) ses responsabilités en cas de violences au cours de manifestations. Le syndicat mené par Philippe Martinez n'a pas manqué de réagir. 

Cambadélis plaide pour une "pause"

Le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis a demandé ce mercredi à la CGT de prendre ses "responsabilités" car "cela fait dix manifestations qui ont eu lieu, chaque manifestation s'est terminée par la violence", a-t-il déploré, tout en estimant que l'organisation syndicale était "instrumentalisée" par les casseurs. Invité de l'émission Questions d'info sur LCP avec l'AFP, Le Monde et France Info, Jean-Christophe Cambadélis a dit souhaiter "une pause dans les manifestations, parce qu'elles dégénèrent en violence". 

La CGT renvoie la balle au gouvernement

Quant à la CGT, elle a estimé de son côté que "menacer d'interdire les manifestations était le signe d'un gouvernement aux abois", en dénonçant les accusations "inacceptables" du Premier ministre Manuel Valls qui a évoqué une attitude "ambiguë" du syndicat à l'égard des casseurs. L'organisation a souligné qu'il incombait "aux pouvoirs publics" dont Manuel Valls "a la première responsabilité, d'assurer la sécurité et le maintien de l'ordre". Elle insiste sur le fait que "comme il n'est pas de la responsabilité des supporters d'assurer la sécurité dans et autour des stades de l'Euro de football, de la même façon il n'est pas de la responsabilité des manifestants d'assurer la sécurité dans et autour d'une manifestation autorisée par la Préfecture de police".

Enfin, d'après le syndicat, "les dispositions nécessaires afin de garantir la sécurité des participants à cette manifestation massive" ont été prises.

Mailly renchérit et suggère d'interdire l'Euro

Le secrétaire général de Force ouvrière, Jean-Claude Mailly, suggère quant à lui qu'on "interdise l'Euro" de football, "puisqu'il y a également des violences". "Nous condamnons les violences" intervenues en marge de la manifestation contre la loi travail mardi. "Les organisations syndicales font leur travail dans les cortèges. Ce qui se passe en dehors de manifestations c'est de la responsabilité des pouvoirs publics". "C'est pyromane d'accuser les syndicats", a-t-il ajouté, s'en prenant aux propos du Premier ministre.

Le PCF considère que l’exécutif perd "son sang-froid"

Pierre Laurent, secrétaire national du Parti communiste français (PCF), pense que "la menace d'une interdiction de manifester, exprimée ce jour par le chef de l'Etat et le premier ministre, est un signe extrêmement préoccupant de fébrilité dans un moment où, tout au contraire, notre démocratie et notre Republique doivent affirmer avec force leurs principes et leur valeurs essentielles".

D’autre part le responsable politique a lancé un appel au pouvoir "à ne pas perdre son sang-froid, à reprendre la négociation et à agir pour assurer la sécurité des biens et des personnes et celle du droit de manifester", car "le gouvernement ne peut se soustraire à ses responsabilités en s'attaquant à une liberté constitutionnelle qui permet de faire entendre dans l'unité et sans violence le rejet de la loi El Khomri".

Sarkozy implacable, Juppé encore plus

Nicolas Sarkozy, président du parti Les Républicains, a lui demandé ce mercredi que "la responsabilité civile" et "financière de la CGT soit engagée", après la journée d'action émaillée de violences. L'ancien chef de l'État, qui s'exprimait au cours d'une journée de travail sur l'international au siège de son parti, a aussi réclamé "l'incarcération immédiate et le rétablissement des peines planchers contre les casseurs et les voyous" auteurs de dégradations. L'ancien chef de l'État, et ex-ministre de l'Intérieur, a ainsi condamné "très fermement" les violences survenues la veille près de l'hôpital pour enfants Necker.

De son côté, Alain Juppé, candidat à la primaire de la droite, a préconisé l'interdiction des "manifestations qui constituent une menace évidente à l'ordre public".

Dissonance chez les Le Pen

A droite de la droite, Marine Le Pen, préfère "le maintien de l'ordre" à "l'interdiction des manifestations". C’est ce qu’a déclaré la présidente du FN, en marge d'une visite au salon international de défense et de sécurité Eurosatory à Villepinte (Seine-Saint-Denis). Interrogée sur la nécessité ou non d'interdire les manifestations, Marine Le Pen a répondu, comme un écho aux saillies de la CGT à l’adresse du gouvernement, qu’"interdire les manifestations c'est admettre qu'on est dans l'incapacité de maintenir l'ordre".

Sa nièce, Marion Maréchal-Le Pen, qui l'accompagnait pendant la visite, a elle jugé que "la question du bien-fondé de ces manifestations peut se poser. S'ils (les syndicats) ne sont pas capables d'éviter les débordements que l'on voit depuis des semaines, il faut à tout prix qu'elles (les manifestations) cessent".

A.M avec AFP