BFMTV

Beulin hué: "La critique est facile, elle ne permet pas de dialoguer"

"Il aura fallu 1.800 tracteurs pour ça, mais pour la première fois depuis longtemps, cette demande de considération, le Premier ministre l'a entendue", a déclaré Xavier Beulin jeudi.

"Il aura fallu 1.800 tracteurs pour ça, mais pour la première fois depuis longtemps, cette demande de considération, le Premier ministre l'a entendue", a déclaré Xavier Beulin jeudi. - Thomas Samson - AFP

"Le gouvernement a entendu" le message des agriculteurs, a assuré le président de la FNSEA, avant d'être hué par une partie des agriculteurs massés sur la Place de la Nation à Paris jeudi.

"Il aura fallu 1.800 tracteurs pour ça, mais pour la première fois depuis longtemps, cette demande de considération, le Premier ministre l'a entendue, le gouvernement l'a entendu", a assuré le président de la FNSEA, Xavier Beulin, juste après l'annonce par Manuel Valls de nouvelles mesures d'aide à un secteur en grande difficulté.

Il a été copieusement hué par une partie des milliers d'agriculteurs massés avec plus de 1.500 tracteurs sur la Place de la Nation à Paris. "Vendu!", "Démission!", "On va mettre le feu!" ont réagi une partie des agriculteurs, surtout bretons, au discours du leader syndical.

"On aime critiquer la FNSEA et parfois même les Jeunes agriculteurs. La critique est facile, elle ne permet pas de dialoguer", a affirmé le leader syndical critiqué dans ses rangs mais aussi par les autres syndicats de la profession.

"Une vision qui nous a mené dans le mur"

Sur BFMTV mercredi soir, le président de la Coordination rurale, deuxième syndicat agricole, estimait qu'avec cette manifestation Xavier Beulin voulait "montrer sa puissance".

Bernard Lannes, qui comme la confédération paysanne n'appelait pas à défiler jeudi, estime que la FNSEA défend une "vision de l'agriculture avec vocation exportatrice qui nous a mené dans le mur et a fait disparaître en 20 ans 50% de nos collègues".

Xavier Beulin, comme un renard dans un poulailler

Dans sa chronique sur RMC jeudi matin, Thomas Guénolé a rappelé les griefs qui sont faits à l'égard de "l'agrobusinessman" qui cumule les casquettes de leader syndical, président du groupe industriel Avril, grand propriétaire terrien.. tout en ayant des fonctions au Crédit agricole et au port de La Rochelle notamment. Il "représente les petits éleveurs comme le renard représente le poulailler", estime le chroniqueur qui rappelle que son groupe achète des poulets au Brésil pour la confection des plats préparés de l'entreprise Farmor . 

K. L.