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Avec le déconfinement et le retour du soleil, les autorités alertent sur les risques de noyade

Natation (illustration)

Natation (illustration) - ICON SPORT

L'été arrivant, Santé publique France rappelle les précautions pour éviter une noyade, alors qu'avec le confinement, beaucoup d'enfants n'ont pas eu accès à des cours de natation en 2020 et 2021.

"À tous les âges, la baignade comporte des risques". Alors que le soleil s'est installé en France pendant plusieurs jours, et que l'été approche, Santé publique France a alerté dans un communiqué mardi sur les risque de noyade. Listant les bons gestes de prévention à avoir, l'organisme rappelle que "chaque année, les noyades accidentelles sont responsables d’environ 1000 décès en France dont environ la moitié entre juin et septembre".

"Il faut arriver à sensibiliser au maximum les gens sur le risque de noyade, c'est un risque qui tue encore beaucoup trop de monde", alertait déjà début juin sur BFM Lyon Xavier Ranchon, responsable des maîtres-nageurs sur le parc de Miribel Jonage dans le Rhône.

L'objectif de cette enquête de Santé publique France - réitérée tous les trois ans - est de décrire et d'analyser les caractéristiques et facteurs des noyades accidentelles au cours de l'été 2021, ce qui "permettra de mieux guider les actions de prévention et de réglementation" à l'avenir.

Les impacts du confinement et du déconfinement

D'après les premiers chiffres recensés, entre le 1er et le 13 juin 2021, 128 noyades accidentelles ont déjà été rapportées et sont en cours d’investigation, dont 41 décès. Et selon l'organisme, le confinement de ces dernier mois pourrait alourdir les chiffres habituels, car "l’apprentissage de la natation chez les enfants n’a pas pu se faire dans des conditions normales depuis mars 2020".

En natation, "le retard est important, inquiétant", notait dès mars sur BFM Lille Emilie Jankowiak, professeur d'EPS et secrétaire académique SNEP-FSU. "Les jeunes enfants n'ont pas appris à nager depuis deux ans, les piscines sont fermées, donc on a effectivement un risque qui est extrêmement accru sur ces tranches d'âge", explique Xavier Ranchon, "et puis la sédentarisation liée au Covid va accentuer automatiquement les phénomènes de prise de risques et les accidents".

"Le déconfinement en cours peut induire une augmentation du risque de noyades: relâchement de la prévention et augmentation des conduites à risque (surestimation de sa capacité physique, sous-estimation des risques environnementaux, consommation d’alcool avant de se baigner)", abonde Santé publique France, qui appelle à "ne pas relâcher sa vigilance lors des temps de baignade".

Des précautions à garder à l'esprit

L'organisme rappelle dans son communiqué qu'il est important d'apprendre aux enfants à nager dès que possible, de les surveiller en permanence au bord de l'eau, et d'aller se baigner avec eux. Pour les adultes, il est "important de respecter les consignes de sécurité, les interdictions de baignade et choisir les zones surveillées signalées par les drapeaux, où l’intervention des équipes de secours est plus rapide", note Santé publique France.

Il faut également tenir compte de son état de forme, car "la principale problématique c'est souvent des gens qui surestiment leurs capacités physiques, qui s'éloignent trop loin du rivage, et qui finissent par s'épuiser" en voulant revenir sur la terre ferme, expliquait la semaine dernière le Colonel Pierre Bepoix du Service départemental d'incendie et de secours des Bouches-du-Rhône, interrogé par la porte-parole du ministère de l'Intérieur Camille Chaize.

Si cela arrive, il "ne faut pas hésiter à faire la planche pour se ménager physiquement, et ne pas vouloir lutter contre le courant". Il faut ensuite tenter d'alerter les secours sur le bord en "levant le bras et en faisant des signes".

Santé publique France rappelle également qu'il faut "rentrer dans l’eau progressivement surtout après une longue exposition au soleil" et "éviter la consommation d’alcool avant de se baigner".

"Il ne faut pas aller brutalement dans l'eau, la température du corps n'est pas la température de l'eau, et on est susceptible d'avoir pris le soleil pendant un certain temps" et de risquer ainsi un "choc thermique", explique également Pierre Bepoix. Ainsi, "systématiquement quand j'envisage de me baigner, je me mouille la nuque, je me mouille le ventre, je prépare mon corps à la baignade".
Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV