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Au Japon, une grande enseigne renonce au badge menstruel pour ses salariées

Au Japon, les salariées portent un badge pendant leurs règles

Au Japon, les salariées portent un badge pendant leurs règles - capture djapan.com

A la suite d'une tornade de plaintes sur les réseaux sociaux, un magasin de luxe d'Osaka a renoncé au port d'un badge menstruel pour ses salariées.

Après avoir reçu des plaintes de clients sur Internet, le grand magasin Daimaru Umeda, situé à Osaka, a finalement décidé de reconsidérer sa politique qui propose aux salariées femmes de porter des badges aux insignes manga pendant leurs règles.

Le personnage du badge en question, Seiri-Chan, est tiré d’un manga japonais populaire de Ken Koyama, de la série "Little Miss P’", plus connue sous le nom de Miss Period, soit littéralement "Miss règles" en français. Dans les bandes-dessinées japonaises, Miss Period est une grand mascotte rose en forme de cœur avec de grandes lèvres rouges qui apparaît une fois par mois dans la vie des femmes et qui s’émerveille devant d’autres personnages, notamment monsieur Libido et monsieur Virginité. 

Le port d'un tel badge avait été suggéré par les salariées

La direction de l’enseigne japonaise de luxe a déclaré que cette politique devait à l’origine encourager l’empathie entre les salariés. L’idée était de faire porter les badges aux employées souffrant de règles douloureuses sur la base du volontariat, afin que leurs collègues puissent savoir quand elles pourraient avoir besoin d’une aide pour des tâches pénibles ou de prendre plus régulièrement des pauses.

Selon la BBC, le grand magasin n’a jamais eu l’intention de "partager des informations sur les règles de ses salariées" avec les clients. Même si la taille des badges en question est suffisamment importante pour qu’ils ne passent pas inaperçus auprès de la clientèle.

Le port du badge n’a jamais été obligatoire et a été suggéré par les salariées elles-mêmes lors de l’ouverture de la nouvelle entité "Bien-être des femmes", de l’enseigne de luxe.

Les conversations intimes toujours taboues au Japon

Un responsable de l’enseigne qui a souhaité rester anonyme a déclaré aux médias locaux que la direction de Daimaru Umeda "avait reçu de nombreuses plaintes des clients".

"Certaines plaintes ont le harcèlement pour motif, ce n’était certainement pas notre intention. Nous sommes en train de voir comment on pourrait faire pour changer de stratégie. Nous n'annulons pas le projet pour autant parce qu'il est destiné strictement à la communication interne, parmi celles qui travaillent ici", a expliqué une porte-parole de Daimaru.

La proposition du badge est apparue alors que le magasin s'apprêtait à ouvrir une nouvelle section pour les produits associés à l'hygiène féminine à un étage consacrée à la mode pour les jeunes femmes. C'est ce qui a poussé son personnel féminin à partager ses idées sur les moyens d'améliorer l'environnement de travail. 

Les conversations sur les menstruations et le sexe sont toujours taboues au Japon, mais les médias sociaux et des personnages populaires comme Miss Period aident les femmes à en parler plus ouvertement. "Il fut un temps où l'on ne pouvait pas parler ouvertement des règles. Mais maintenant on peut", s'est félicitée la porte-parole de Daimaru.

Romane Ganneval