BFMTV

Au FN, une refondation dans un climat d'affaires judiciaires

Marine Le Pen pendant le débat sur la loi travail à l'Assemblée le 10 juillet 2017

Marine Le Pen pendant le débat sur la loi travail à l'Assemblée le 10 juillet 2017 - bertrand GUAY, AFP

A côté de la médiatique affaire des assistants parlementaires, le FN devra répondre dans les mois qui viennent de soupçons d'enrichissements frauduleux pour les campagnes législatives et présidentielles de 2012.

Au Front national, il y a le match politique. Avec la "refondation" du parti souhaitée par Marine Le Pen. Mais celle-ci se fera sous la menace de la justice, dans l'affaire des finances de campagne 2012 comme dans celle des assistants parlementaires.

Dans les prochains mois, "il y aura du bleu marine à tous les étages, mais version police, et la direction sera décimée", se persuade un soutien de l'ancienne députée Marion Maréchal-Le Pen, rejoint par quelques frontistes plutôt inquiets.

Parmi les menaces judiciaires qui pèsent que le FN, il y a tout d'abord l'affaire la plus médiatisée: celle des assistants parlementaires au Parlement européen. Là, les juges essaient de savoir si des permanents du mouvement ont été rémunérés sur des fonds européens et déclarés comme assistants parlementaires. L'institution évalue son préjudice à près de cinq millions d'euros depuis 2012.

Parmi les 17 eurodéputés ou ex-eurodéputés FN visés, Marine Le Pen et Marie-Christine Boutonnet viennent d'être mises en examen, après deux de leurs assistants parlementaires à la fin de l'hiver. Louis Aliot, député FN et compagnon de Marine Le Pen, a, lui, refusé de se rendre à une convocation de la police.

Soupçons d'enrichissement durant les campagnes de 2012

Une autre affaire, moins médiatique, pourrait également être explosive: le procès annoncé concernant des soupçons d'enrichissement frauduleux aux frais de l'Etat lors des campagnes législatives et présidentielle de 2012. Le FN conteste ce renvoi en correctionnelle par un pourvoi en cassation, arguant de son innocence.

Les juges soupçonnent des prestations gonflées et surfacturées au détriment de l'État, qui rembourse les frais de campagne aux candidats dépassant 5% des voix. Deux proches de Marine Le Pen, Frédéric Chatillon et Axel Loustau, seraient dans le viseur de la justice.

Pendant ce temps, la présidente du FN prévoit de refonder le parti avec un séminaire mi-juillet, puis une consultation des adhérents avant un congrès à la fin de l'hiver. Mais elle pourrait être encombrée par ces affaires. 

C.Br. avec AFP