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Amiens: on lui refuse d'allaiter à la CAF

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- - MEHDI FEDOUACH / AFP

De nombreuses personnes, également présentes au moment des faits, ont tenu à rassurer la jeune mère de famille.

"Vous devriez avoir honte de faire ça devant tout le monde. Il y a des enfants, ça ne se fait pas!" C’est par ces mots crus et insultants que Mélanie Wavrant, une jeune mère de famille de 27 ans, a été accueillie à la Caisse d’allocations familiales (CAF) d’Amiens. Son seul "crime": allaiter sa petite fille de quatre mois en public, alors qu’elle patientait dans la salle d’attente de l’administration.

Comme le rapporte Le Courrier Picard, les faits remontent à jeudi passé, en milieu d’après-midi. Accompagnée de son mari et père de la fillette, Grégory Cosnier, tous deux décident que la température est trop élevée pour nourrir l’enfant dans leur voiture. "On est entré dans l’espace d’accueil, et on n’a pas pris de ticket tout de suite. Je me suis mis sur le côté, un peu à l’écart, pour allaiter" détaille-t-elle. "J’étais debout. J’ai pris un bavoir pour que l’allaitement puisse être discret, mais je n’ai même pas eu le temps de mettre correctement ma fille au sein."

"Je me suis sentie discriminée"

C’est alors que la jeune femme est interpellée par un agent de sécurité, accompagné d’un chargé de l’accueil. "J’étais choquée, mais je ne suis pas sortie. Je suis restée. J’ai répondu que j’avais le droit d’allaiter ma fille, que je n’allais pas la laisser mourir de faim", explique-t-elle, toujours au quotidien régional. En signe de soutien, d’autres personnes présentes au moment des faits ont expliqué que la situation ne les dérangeait pas. "Nous avons été presque humiliés. Je me suis sentie discriminée." Le couple pense déposer une main courante auprès du commissariat.

Contactée par le quotidien, la CAF tente de son côté de calmer le jeu. "Bien sûr que nous n’avons pas de politique visant à exclure les mamans voulant allaiter dans nos locaux." "Je pense qu’il y a eu un malentendu. Si cette allocataire a des choses à nous dire, bien sûr qu’on l’écoutera", affirme une responsable.

Hugo Septier