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Infirmière, factrice, ambulancier... Mobilisés face au Covid, ils sont conviés pour le 14-Juillet

Les répétitions de la cérémonie militaire qui doit se tenir le 14 juillet.

Les répétitions de la cérémonie militaire qui doit se tenir le 14 juillet. - Thomas Samson

Factrice, ingénieur ou ambulancier, près de 2000 personnes sont invitées à assister aux cérémonies officielles du 14-Juillet, chamboulé cette année par l'épidémie de Covid-19.

Le 14-Juillet de cette année 2020 ne ressemblera à aucun autre. Alors que le défilé sur les Champs-Elysées est remplacé par une cérémonie militaire plus restreinte place de la Concorde, Emmanuel Macron a souhaité inviter près de 2000 personnes, principalement des soignants mais également des représentants de la société civile, mobilisés durant la crise sanitaire.

Enseignants, caissiers, agents de collectivités locales... Des métiers sollicités pendant l'épidémie et qui ont continué à exercer y compris lors du confinement.

Fierté et remerciements

Evelyne Laleu est l'une d'entre eux. Factrice à la Salevetat-Saint-Gilles près de Toulouse, elle a continué à livrer lettres et colis aux habitants de la commune dans le respect des recommandations sanitaires. Un lien social primordial pour certaines personnes, notamment âgées, isolées de leur famille en cette période de restriction sanitaire.

"En tant que factrice je me suis senti utile [...] fière d’avoir fait mon métier jusqu’au bout", confie-t-elle à nos confrères de France Bleu Occitanie.

David Blaisonneau a lui aussi été convié. Le président du Fablab Lannion (Côtes-d'Armor) a fabriqué avec ses équipes plus de 4000 visières de protection, destinés en priorité aux soignants rapporte Le Télégramme. Sa présence mardi à Paris sera pour lui l'occasion de discuter avec d'autres ateliers de fabrication collaboratifs qui ont aussi contribué lors de la crise sanitaire.

Également présente ce mardi, Chantal Beucher, caissière à Laval, qui fait part de sa fierté d'assister aux cérémonies du 14-Juillet.

"Je suis très contente de représenter la grande distribution, et je suis très fière qu’ils ont une reconnaissance envers nous, de nous mettre en avant. J’ai hâte parce que j’ai beaucoup de choses en tête. A trois ans de partir à la tête c’est une grande nouvelle", souligne-t-elle.

Invitée ce mardi matin sur le plateau de BFMTV, Audrey Roux, infirmière qui a travaillé durant la crise à l'hôpital Georges-Pompidou de Paris, a elle aussi été conviée aux festivités.

"J’ai envoyé un mail à Martin Hirsch (directeur général de l'AP-HP), je ne comprenais pas pourquoi des infirmières restaient chez elles. Ce a été envoyé à ma direction et j’ai été envoyée à l’hôpital 24h après. (...) Ça reste une expérience que je n’oublierais pas, j’ai eu la chance d’être bien accueillie dans une équipe solidaire. C’était particulier, les patients n’avaient que nous."

Son invitation, c'est pas téléphone, un samedi soir, qu'elle l'a reçue. "Je pensais que c’était un canular et finalement non. C’est l’hôpital Pompidou qui a donné mon nom car j’étais volontaire. Mais c’est aussi le hasard car beaucoup de collègues l’auraient aussi mérité", tempère-t-elle.

De la reconnaissance et des revendications

Valérie Martin, aide-soignante à la Maison d'accueil Spécialisée de Sainte-Gemmes-sur-Loire (Maine-et-Loire), portera le drapeau français au cours de la cérémonie. Enthousiaste, elle attend toutefois que le gouvernement donne d'autres gages que l'augmentation d'au moins 180 euros mensuels nets par mois prévue pour les soignants.

"Il faut qu'on aille plus loin, parce que dans certains pays c'est complétement différent, on est encore en dessous, même avec la revalorisation", témoigne la soignante à France 3 Pays de la Loire.

Bruno Basset, de son côté, entend interpeller le président de la République. Le président de l'Association des transports sanitaires urgents du département du Rhône a repris le volant en tant qu'ambulancier durant la crise sanitaire.

"C'est toute l'organisation de notre système sanitaire de pré-hospitalisation qu'il faut revoir "explique-t-il dans les colonnes du Progrès, en faisant état du manque de masques et d'équipement de protection de sa profession.

"L’hôpital public, ça fait un moment qu’il a des problèmes, et il faut les résoudre. Il faut nous redonner les moyens qu’on avait pour s’occuper des patients", ajoute Audray Roux.

Être reconnu est aussi le souhait de Sandrine Lourdault. Employée au laboratoire d'analyses médicales Bio 86 à Poitiers, elle a accepté l'invitation de l'Elysée.

"On a peu parlé de l’activité des laboratoires, alors qu’on était au cœur de la crise, on a répondu à l’urgence, on a dû recruter des étudiants en médecine pour faire face à la hausse de l’activité. Et on est encore mobilisé à l’heure actuelle", évoque-t-elle dans la Nouvelle République.

800 soignants invités par Véran

Les célébrations du 14-Juillet place de la Concorde se conclueront par un hommage au personnel engagé dans la lutte contre le coronavirus. Un grand drapeau sera déployé devant la tribune présidentielle, au son de La Marseillaise, interprétée par le chœur de l'armée française. La Patrouille de France réalisera ensuite un passage dédié au personnel soignant civil et militaire.

Parallèlement à la cérémonie, 800 soignants ont été conviés lundi soir au Grand Palais pour une soirée de remerciements organisée par le ministère de la Santé. Une reconnaissance qui survient alors que le coronavirus reste encore présent sur le territoire national et fait craindre l'émergence prochaine d'une seconde vague.

Hugues Garnier Journaliste BFMTV