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Agression inventée: amende avec sursis pour l'ex-Femen Amina

L'ex-Femen Amina Seboui et son avocat Martin Pradel, le 8 octobre 2014.

L'ex-Femen Amina Seboui et son avocat Martin Pradel, le 8 octobre 2014. - Thomas Samson - AFP

L'ancienne militante féministe tunisienne Amina Seboui a été condamnée à 1.500 euros d'amende avec sursis pour avoir dénoncé une agression imaginaire. Une peine "extrêmement légère", selon la présidente du tribunal correctionnel de Paris.

L'ex-Femen tunisienne Amina Seboui a été condamnée mercredi à 1.500 euros d'amende avec sursis pour avoir dénoncé à la police une agression imaginaire par des islamistes à Paris. Cette peine "extrêmement légère par rapport à la gravité des faits" a été prononcée en tenant compte tenu du "contexte" et de la "situation personnelle" de la jeune femme, a expliqué la présidente du tribunal correctionnel de Paris.

La jeune femme a dit à la presse qu'elle ne renconcerait pas à son militantisme et s'est réjouie que le tribunal se soit montré "compréhensif" à son égard.

"Je ne crois pas que ce soit une incitation du tribunal à renoncer à son combat", a réagi son avocat Martin Pradel, selon lequel "quand elle dira quelque chose (désormais), elle sera scrupuleuse pour que ce soit la stricte vérité."

Elle a reconnu avoir menti

Le parquet avait requis un mois de prison avec sursis, laissant le tribunal apprécier s'il devait s'accompagner ou non d'une mise à l'épreuve avec des mesures telles qu'une obligation de résidence, de travail ou de formation, et d'un suivi psychologique.

La militante de 19 ans avait porté plainte début juillet, déclarant que cinq islamistes avaient entrepris de lui raser cheveux et sourcils. Grâce à la vidéosurveillance, les policiers avaient retracé son parcours dans le métro, sans constater aucune agression. Surtout, ses sourcils et ses cheveux étaient alors intacts. Fin septembre, elle avait finalement reconnu avoir menti. "Je suis désolée", a répété à la barre Amina Seboui.

Amina Seboui s'était fait connaître en Tunisie, où elle avait fait deux mois et demi de détention provisoire en 2013 pour avoir peint le mot "Femen" sur le muret d'un cimetière de Kairouan, au sud de Tunis, afin de dénoncer la tenue d'un rassemblement salafiste. Après avoir reçu des marques de soutien des autres Femen, elle avait décidé de quitter ce mouvement féministe en l'accusant d'"islamophobie". Elle devra par ailleurs comparaître prochainement devant le tribunal correctionnel de Paris pour violences en état d'ébriété après une bagarre en août dans la capitale.

V.R. avec AFP