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Affaire Lambert: l'arrêt des soins a commencé

Les parents de Vincent Lambert comptent saisir la Cour de Paris afin d'arrêter la sédation de leur fils, commencée ce lundi matin, d'après des informations de BFMTV.

L'arrêt des traitements de Vincent Lambert, patient dans un état végétatif depuis dix ans, a commencé au CHU de Reims, d'après des informations de l'avocat des parents à BFMTV. Les parents Lambert comptaient déposer deux recours ce lundi, afin de bloquer la procédure médicale. Ils ont été mis au courant de l'arrêt des traitements ce lundi matin par mail.

"L'arrêt des traitements" et "la sédation profonde et continue" ont été "initiés ce matin", a écrit le Dr Sanchez, chef de service des soins palliatifs, dans un mail à la famille dont l'AFP a obtenu copie. "Dans cette période douloureuse, j'espère pour Monsieur Vincent Lambert que chacun saura ouvrir une parenthèse et se rassembler, auprès de lui, afin que ces moments soient le plus paisibles, intimes et personnels possible", ajoute ce médecin.

"C’est tout à fait scandaleux, c’est invraisemblable"

"C’est tout à fait scandaleux, c’est invraisemblable, ça me semble absolument inhumain et contraire au devoir du médecin que d’adresser un mail en disant ‘j’ai sédaté votre fils’" a réagi Me Jean Paillot, avocat des parents, sur BFMTV. 

Le docteur Vincent Sanchez avait annoncé l'interruption des traitements de Vincent Lambert pour cette semaine. Mais il s'était engagé à attendre les réponses des recours déposés par les parents, avant de le commencer, selon leur avocat.

Me Paillot a insisté sur le fait que la famille ne pourra pas dire au revoir à Vincent Lambert, "l’embrasser alors qu’il est encore éveillé. Ca ne correspond pas à ce qu’on attend d’un médecin qui est respectueux et qui accompagne la famille d’un patient. On est dans le très grand n’importe quoi", déclare-t-il sur BFMTV.

"La France viole une convention internationale"

L'avocat s'appuie sur les recommandations de la CIDPH (convention internationale des droits des handicapés) pour réclamer l'arrêt de la sédation, commencée ce lundi matin. Cette antenne de l'ONU a demandé à la France de suspendre toute décision d'arrêt des traitements de Vincent Lambert, dans l'attente d'une instruction sur le fond.

"Aujourd'hui la France viole devant les yeux de tout le monde une convention internationale portant sur les droits de l’homme, c’est gravissime et c’est absolument scandaleux", a déclaré Me Jean Paillot.

La Cour Européenne des droits de l'homme et le conseil d'État avaient, eux, validé la décision médicale d'interrompre les traitements de Vincent Lambert. Le Conseil d'État avait notamment jugé que "le maintien des soins et traitements" de l'homme constituait "une obstination déraisonnable".

Saisie de la Cour de Paris

Me Paillot a toutefois assuré qu'il allait, avec les parents Lambert, saisir "en urgence cet après-midi la Cour de Paris pour obtenir enfin que les mesures provisoires réclamées par le comité de l’ONU soient rendues effectives en France." Une décision en leur faveur interromprait la sédation.

Sur RTL, Me Paillot a également évoqué avoir saisi le Conseil d'État, la Cour européenne des droits de l'homme et "être sur le point de saisir la cour d'appel de Paris".

Une procédure en référence d'heure à heure devait être déposée ce lundi matin devant la cour de Paris, pour obliger l'État français à adopter les recommandations de la CIDPH. Un autre avocat devait déposer, ce lundi matin également, une plainte en citation directe contre le docteur Sanchez, au tribunal correctionnel de Reims. Il s'agirait d'une plainte disciplinaire aux fins de radiation.

Salomé Vincendon