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Affaire Baupin: l'appel de 500 militant(e)s et élu(e)s contre les violences sexuelles en politique

La révélation des agressions sexuelles subies par des membres d'EELV continue de secouer le monde politique. Un appel relayé par Libération demande la fin de l'omerta.

Denis Baupin serait loin d'être le seul homme politique visé par des accusations de harcèlement à caractère sexuel. L'ancien vice-président de l'Assemblée nationale, démissionnaire à la suite du scandale, est accusé par huit femmes de harcèlement et d'agressions sexuels commis dans l'exercice de ses fonctions. 24 heures après ces révélations, EELV n'est plus le seul parti sous le feu des projecteurs. Cinq cents militant(e)s et élu(e)s, membres du comité "Levons l'omerta", lancent dans Libération un appel solennel pour mettre fin à la culture du silence dans la classe politique. 

Une omerta collective

Dans cette tribune, les signataires expliquent que "quand il ne s'agit 'que' de harcèlement, l'omerta se construit collectivement, d'un 'ah oui, encore! Il est coutumier du fait' au 'mais il est tellement sur tel ou tel sujet' ". Une vision confirmée par le récit de la responsable écologiste Sandrine Rousseau qui, après avoir raconté son agression à un collègue, s'entend répondre: "Ah, il a recommencé". 

Le texte s'en prend aussi aux partis, accusés d'être les principaux artisans de la chape de plomb qui s'abat sur les victimes d'agressions sexuelles. Les signataires en veulent pour preuve la tribune, publiée il y a un an quasiment jour pour jour, par des journalistes politiques sur le même sujet. Ils accusent: 

"Quelles suites ont été données par les partis politiques à cette tribune? Quelles mesures ont été prises? Quels contacts ont été noués pour tenter de connaître l’identité des personnes ciblées et remédier à ces comportements? La réponse est aucune ou pratiquement; des frémissements bien insuffisants." 

Faire changer les comportements

Les 500 signataires de la tribune demandent enfin un renversement des valeurs et des comportements, et appellent à les rejoindre en signant une pétition. Ils dénoncent cette logique qui voudrait que ce soit les femmes qui doivent changer de comportement pour éviter d'être agressées sexuellement:

"Pour que ce soit le comportement des hommes qui change et non celui des femmes qui s’adapte, pour que les choses bougent enfin et que l’impunité cesse, pour que la culpabilité change de camp, il faut parler" demande le texte. 

Un changement qui n'est pas près de s'opérer, à en croire le récit fait par Aurore Bergé, membre de l'équipe d'Alain Juppé, sur sa page Facebook. Elle raconte comment, alors que l'affaire Baupin vient d'éclater, certains de ses collègues se permettent encore des remarques graveleuses à son encontre.

Paul Aveline