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Sexisme envers les journalistes politiques: "il faut dénoncer" les coupables, estime Bruno Le Roux

Bruno Le Roux, ici le 19 février 2015, appelle les femmes journalistes à "dénoncer" les politiques coupables de sexisme.

Bruno Le Roux, ici le 19 février 2015, appelle les femmes journalistes à "dénoncer" les politiques coupables de sexisme. - Martin Bureau - AFP

Le patron des députés socialistes estime que les femmes journalistes signataires d'une tribune contre le sexisme des politiques, ont "mille fois raison de dire cela". Il les appelle également à dénoncer les coupables.

La tribune contre le sexisme des politiques, signée par 40 femmes journalistes et parue dans Libération lundi 4 mai, n'est pas passée inaperçue. "Il y a cette nécessité absolue de défendre l'égalité hommes-femmes et c'est un combat au quotidien", a déclaré Claude Bartolone devant la presse, au sujet de cette pétition. Et le président de l'Assemblée de rappeler: "j'ai eu à prendre des sanctions au sein de l'hémicycle pour éviter le moindre comportement sexiste ou propos dégradant en direction de femmes".

"Elles ont mille fois raison de dire cela, si c'est la réalité", a renchérit le chef de file des députés socialistes, Bruno Le Roux, sur France Inter. "Il ne faut plus laisser passer aucun comportement", selon lui. Mais en "même temps, j'ai l'impression que ces comportements sont en régression. Il faut non seulement les dire, mais il faut dire d'où cela vient, pour faire en sorte que cela s'arrête".

"Jamais de déjeuner ni de dîner de presse", pour Le Roux

Dénoncer? "Bien entendu", a tranché Bruno Le Roux. "Quand je pense qu'il y a des propos inadmissibles", "je n'ai pas envie que l'opprobre soit jeté sur tous les parlementaires". Le député socialiste souhaiterait qu'"avec le président de l'Assemblée nationale", "quelque chose soit dit à l'intéressé pour que ces choses là ne puissent plus avoir cours".

"On ne peut pas laisser passer, donc elles ont raison de dire cela, et en même temps, il faut aussi un certain nombre de principes (...) auxquels je me tiens: jamais aucun déjeuner, jamais aucun dîner de presse. Quand je rencontre des journalistes, c'est toujours sur une heure. Point à la ligne". "Quand j'ai lu la tribune, j'ai pu peut-être me remémorer une ou deux scènes qui peuvent ressembler, qui peuvent être celles qui sont décrites là", a-t-il confié. "Il y a des choses inadmissibles et il est bon de les dire, et il est bon de dire aussi de qui ça vient", a-t-il conclu.

La coprésidente du groupe écologiste à l'Assemblée, Barbara Pompili, a elle apporté son soutien à la pétition. Elle juge que de la part d'hommes politiques, "ça n'est pas très surprenant, connaissant le sexisme qui existe dans le monde politique". La pétition ne généralise pas ces comportements, s'est-elle félicitée devant la presse. "Il y a des hommes politiques qui se comportent de manière inacceptable avec les femmes, il y a aussi beaucoup d'hommes politiques qui se comportent de manière tout à fait normale", a relevé cette élue de la Somme. Selon elle, "parmi les gens de notre génération, il y a beaucoup moins de sexisme que dans les générations d'avant".

A. K.