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A Saint-Malo, jusqu'à 60.000 tonnes de nitrate d'ammonium transitent chaque année par le port

Le port de Saint-Malo, le 7 juillet 2020.

Le port de Saint-Malo, le 7 juillet 2020. - DAMIEN MEYER / AFP

Ce produit est présenté comme étant à l'origine des explosions qui ont endeuillé Beyrouth mardi soir.

Deux jours après les gigantesques explosions sur le port de Beyrouth qui ont causé la mort d'au moins 137 personnes et blessé 5000 autres, le nitrate d'ammonium est dans le viseur. Ce produit chimique, dont une quantité de 2750 tonnes était stockée dans un entrepôt du port de la capitale libanaise, est présenté comme étant à l'origine des déflagrations meurtrières. Elle est aussi responsable de l'explosion de l'usine AZF de Toulouse le 21 septembre 2001.

Quelque 60.000 tonnes de cette substance transitent par le port de Saint-Malo (Ille-et-Vilaine) chaque année, rapporte France Bleu Armorique, qui indique qu'elle était également en cause lors de l'explosion d'un cargo au large de Brest en 1947.

Le nitrate d'ammonium est "surtout utilisé comme engrais azoté pour les cultures de légumineuses à feuilles", indique la Société chimique de France, citée par l'AFP. Comme engrais, il prend l'aspect de granulés blancs.

Protocole strict

C'est à ces fins que de grosses quantités sont chaque mois débarquées sur le port de la cité corsaire. Mais "(les sacs) ne sont jamais entreposés dans des hangars", a indiqué le sous-préfet de Saint-Malo Vincent Lagoguey à nos confrères de France Bleu.

Les cargaisons du produit chimique sont soumises à un protocole strict. Avant son entrée dans le port, le navire et son chargement doivent être contrôlés par un expert. Les moyens de lutte contre les incendies sont également soumis à ces vérifications. Un rapport est ensuite rédigé puis adressé à la capitainerie, qui consent ou non à l'entrée du bateau, indique la station de radio.

Une fois le bateau à quai, la cargaison doit être déchargée sous l'oeil des pompiers. Les sacs sont ensuite séparés et ne peuvent rester plus de 72 heures avant de transiter vers leur destination finale.

D'après France Bleu Armorique également, Saint-Malo n'est pas le seul port breton à réceptionner du nitrate d'ammonium. Le port de commerce de Saint-Brieuc (Côtes-d'Armor) voit ainsi arriver un à deux bateaux par an chargé de cette matière. Dans une proportion ammoindrie par rapport à celle de Saint-Malo, puisque le cargo débarqué il y a une quinzaine de jours transportait 3000 tonnes de nitrate d'ammonium.

Clarisse Martin Journaliste BFMTV