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À Antibes, des professeurs en grève contre le retour d'un principal suspendu pour harcèlement

Tables d'examen lors du baccalauréat à Caen, le 18 juin 2018

Tables d'examen lors du baccalauréat à Caen, le 18 juin 2018 - CHARLY TRIBALLEAU / AFP

Au collège Sidney-Bechet, à Antibes, 60% du personnel enseignant s'est mis en grève mardi contre le retour du principal, suspecté de harcèlement sexuel et de violences.

Les professeurs d'un collège d'Antibes dans les Alpes-Maritimes se sont mis en grève mardi, rapporte France Bleu, pour dénoncer le retour du principal, suspendu pour harcèlement moral à caractère sexuel et violences. D'après nos informations auprès de l'académie de Nice, les cours ont repris ce mercredi.

Deux plaintes déposées

Le principal du collègue de Sidney-Bechet d'Antibes, qui accueille environ 400 élèves, a été suspendu en août dernier pour harcèlement moral, propos à caractère sexuel et violences. Deux plaintes judiciaires ont été déposées et une enquêtes administrative est en cours, selon la radio locale.

Le principal n'a écopé que d'un blâme de la part de sa hiérarchie et a fait son retour au sein de l'établissement lundi, ce qui choque les enseignants. D'autant qu'ils n'ont pas été prévenus par l'académie de cette réintégration.

Une "pression intolérable"

L'une des enseignantes a confié à France Bleu avoir "peur de représailles":

"Nous avons peur de représailles. (...) Nous avons peur aussi qu'il recommence, d'avoir des rendez-vous avec lui seul. Ces derniers mois, nous nous baladions dans le collège accompagnées, des fois qu'on le croise dans le couloir et qu'il nous sorte de manière très anecdotique des propos sexistes", confie la professeur.

Elle dénonce également "une forme de pression (...) intolérable", alors que le principal habite dans les locaux du collège, sa résidence jouxtant l'entrée du parking du personnel.

60% du personnel de l'établissement s'était donc mis en grève mardi et ont été reçu par l'académie de Nice. La grève a néanmoins été suspendue ce mercredi. De son côté, l'académie précise à BFMTV que le retour du professeur était prévu à la suite de sa suspension et qu'il resterait en poste le temps d'avoir les conclusions de l'enquête administrative.
Esther Paolini