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A Angoulême, les food trucks sont interdits

Si les food trucks, les camions restaurants à la française, sont de plus en plus nombreux dans l'hexagone, certaines villes s'inquiètent de la concurrence qu'ils pourraient créer avec les restaurateurs locaux. C'est le cas d'Angoulême en Charente, qui interdit désormais ces restaurants mobiles.

A Angoulême en Charente, les food trucks ne sont pas les bienvenus. Ces restaurants sur roues, de plus en plus nombreux en France, sont interdits sur la voie publique, relate jeudi la Charente Libre, accusés de faire de la concurrence aux restaurateurs sédentaires. 

Philippe Vergnaud, l'adjoint au maire en charge du commerce explique: "Il y a plein de gens inventifs qui font des choses vraiment bien. Mais si on en accepte un, on ne peut pas dire non aux autres". La ville d'Angoulême a reçu l'année dernière une quarantaine de demandes, mais "pour protéger les restaurateurs", toutes ont été refusées. Seuls les camions à pizzas et les crêperies locales bénéficient d'une exception pour une somme de 120 euros, "à des endroits où ils ne concurrencent pas de restaurateurs". 

Une mauvaise réputation 

"On traîne une mauvaise image, confie Jérôme Compain, un propriétaire de camion restaurant au journal charentais, dès qu'on arrive, ça dérange les restaurateurs sédentaires". Comme de nombreux propriétaires de food trucks, Jérôme Compain a investi en rêvant d'indépendance, mais aujourd'hui c'est la désillusion. "Pourtant, moi aussi je paie des cotisations, le RSI (Régime Social des Indépendants), j'ai un crédit pour mon camion et mon local frigorifique...", continue le restaurateur roulant. 

Même son de cloche pour la propriétaire du Temps d'un Tub. Avec son vieux camion Citroën rénové, Aurélie Vicaire était pourtant prête à de nombreuses concessions, "J'ai même proposé de ne vendre que des sucreries ou des sandwiches, produits qu'on ne trouve pas sur la place", explique la commerçante qui a essuyé un refus de la mairie. "Pourtant, moi aussi je suis une commerçante locale, moi aussi j'ai besoin de travailler". 

Cuisiner sur des propriétés privées

Une seule solution alors, rouler et cuisiner sur des propriétés privées. La patronne d'un cinéma d'Angoulême, elle, se réjouit de l'arrivée des camions et les autorisent à s'installer en face de son établissement, "Je ne leur fais rien payer et fournis même l'électricité" se réjouit la gérante du Mégarama, avant d'ajouter, "Pour nous c'est un vrai plus: les clients peuvent se restaurer avant d'aller en salle". 

D'autres propriétaires quant à eux tentent de survivre dans le monde hostile de la restauration en cuisinant lors de fêtes de famille ou d'entreprises. 

M.H.