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70 km/h sur le périphérique parisien: quelles incidences?

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Le 10 janvier entre vigueur la limitation de vitesse à 70km/h, sur le périphérique parisien. Une mesure décriée par les associations d’automobilistes, mais qui pourrait avoir des conséquences positives sur la sécurité routière, la pollution de l’air et le bruit.

Vendredi, on roulera un peu moins vite sur le périphérique parisien. La vitesse y sera désormais limitée à 70 km/h, au lieu de 80.

Annoncée en décembre au lendemain d'un fort épisode de pollution aux particules, la mesure entre en vigueur vendredi matin sur le boulevard de 35 km entourant la capitale. Un axe fréquenté par 1,3 million de véhicules chaque jour.

Pollution de l'air, bruit, sécurité routière, quelles sont les conséquences de cette limitation de vitesse?

> Moins d'accidents?

Selon la mairie de Paris qui s'appuie sur les chiffres de la préfecture de police, la mesure permettrait de faire baisser de 23% le nombre des accidents. L'impact de la baisse a été évalué de nuit, par temps de circulation fluide. Dans ces condition, la diminution de 10 km/h de la vitesse aurait pour conséquence une "baisse de 23% du nombre d’accidents et une réduction de près de 65 % du nombre de blessés graves et de tués".

L'association 40 millions d'automobilistes affirme de son côté dans un communiqué que "passer de 80 à 70 km/h, n’aura aucun impact sur l’accidentalité sur le périphérique parisien. La mesure relève de l’utopie en journée, puisqu’aux heures de pointes, les automobilistes ne conduisent qu’à 30 km/h".

De fait, selon l'Observatoire des déplacements à Paris, qui dépend de la ville, la vitesse moyenne annuelle sur le périphérique ne dépassait pas en 2012, 39,2 km/h.

Pour l'association 40 millions d'automobilistes, la mesure risque en outre d'encourager les automobilistes à traverser Paris.

> Moins de pollution atmosphérique?

"La limitation de la vitesse aura un effet d'abord pour les automobilistes, qui sont les premiers concernés par la pollution, et les gens vivant près du périphérique. Mais à l'échelle de la région parisienne, cela n'aura pas un grand effet", précise à l'AFP Karine Léger, ingénieur à l'association Airparif, qui surveille la qualité de l'air en Ile-de-France.

Au mieux, cette mesure pourrait éventuellement permettre de diminuer le nombre des jours où la pollution dépasse les normes: en 2013, la station d'Airparif, située sur le périphérique, à Auteuil, a enregistré 117 jours de dépassements de la valeur limite européenne pour les particules en suspension (35 sont autorisés).

Reste que la décision va "dans le bon sens", selon Karine Léger, qui rappelle qu'un véhicule pollue le moins entre 40 et 70 km/h.

Dans le cas d'un axe très congestionné comme le périphérique parisien, "le passage de 80 à 70 km/h" peut aider en matière de qualité de l'air, car il "favorise la fluidité du trafic", renchérit Gilles Aymoz, chef du service évaluation de la qualité de l'air à l'Ademe (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie). Il estime toutefois nécessaire une "évaluation a posteriori" pour mesurer les effets réels de la mesure.

> Moins de bruit?

Côté bruit, la nouvelle mesure pourrait entraîner une réduction de 1,7 décibel pour les véhicules légers et 1,2 décibel pour les poids lourds, "ce qui équivaut à une diminution du trafic de 15 à 20%", assure la mairie de Paris.

Bruitparif, l’Observatoire du bruit en Ile de France l'indique sur son site, "Une telle diminution des niveaux sonores reste néanmoins peu perceptible pour l’oreille humaine".

La nuit, quand la circulation est fluide, cette mesure pourrait abaisser de 37.000 à 32.000 le nombre des riverains du périphérique exposés à un bruit excédant la valeur limite autorisée (62 décibels), selon l'association Bruitparif. Laquelle plaide pour une vitesse maximale de 50 km/h qui permettrait de faire baisser ce chiffre à environ 27.000.

Passer à 70 km/h est "une bonne première étape", convient Julie Nouvion, conseillère régionale écologiste et présidente de Bruitparif. "On est conscient que ce n'est pas facile à faire, mais j'espère qu'on pourra aller plus loin".

L'association 40 millions d’automobilistes, qui estime la baisse du bruit "insignifiante" rejoint Bruitparif sur ce point, préconisant l’investissement dans de nouveau revêtements routiers, qui permettrait, selon elle, de diminuer de "9 décibels la perception sonore".

La rédaction