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Quelle sera la mission de Thomas Pesquet lors des deux sorties spatiales prévues cette semaine?

L'astronaute français et un collègue américain devront remplacer des panneaux solaires qui servent à alimenter le station spatiale.

La semaine s'annonce extrêmement riche en émotion pour Thomas Pesquet. Quelques semaines après son arrivée dans la Station spatiale internationale (ISS), l'astronaute français devrait, ce mercredi et ce jeudi, effectuer deux sorties dans l'espace a annoncé il y a quelques jours l'Agence spatiale européenne (ESA).

Mercredi et dimanche, Thomas Pesquet marchera dans le vide spatial, à 400 kilomètres de la Terre, en compagnie de son collègue américain Shane Kimbrough, avec qui il avait décollé. A eux deux, ils auront pour mission de remplacer deux des six panneaux solaires présents sur la station spatiale.

"Shane et moi travaillons sur nos combinaisons spatiales, puis ma combinaison spatiale fait une pause bien méritée. Les combinaisons spatiales travaillent dur aussi, vous savez!", a tweeté en préambule de cette sortie l'astronaute star, en montrant des photos de son scaphandre.

Mission importante

Au-delà de son caractère spectaculaire, cette mission s'annonce capitale pour le futur de l'ISS. Comme le précise Futura Sciences dans un article consacré, ces deux premiers panneaux longs de 19 mètres sur 6 de large ont été acheminés lors de la 22e mission de ravitaillement de SpaceX avec un cargo Dragon. Présentés sous forme de rouleaux, ils devront être déployés sur la station.

Selon ce même média, ces nouveaux dispositifs devraient permettre de fournir 120 kW de puissance électrique supplémentaire à l'ISS, soit un maximum de 215 kilowatts comparé aux 160 kilowatts actuels. Ils seront déposés sur les panneaux actuels, qui quant à eux ne seront pas démontés.

Pour l'heure, la station fonctionne avec huit paires de panneaux solaires dont les premiers ont été installés au détour de l'an 2000. Malgré leur durée de vie initialement programmée à 15 ans, ces derniers continuaient à fonctionner mais de manière moins performante.

"On a pas envie de faire une erreur avec un objet qui coûte 1 million de dollars et sur lequel des centaines de personnes ont travaillé", expliquait Thomas Pesquet lors d'une conférence de presse de la Nasa, dans des propos repris par France Inter.

3e et 4e sortie spatiale

Comme il l'avait expliqué lors de la même conférence de presse, l'astronaute portara, lors de cette mission, un scaphandre à bandes rouges.

"Le N°1 est un peu le chef, il est un peu plus impliqué. La première fois, c'était Shane parce qu'il avait plus d'expérience. Cette fois ce sera moi, parce que maintenant, je ne suis plus le petit jeune, donc c'est sympa. Moi, j'aurai les bandes rouges, lui, il aura les bandes blanches. On va se répartir les rôles", expliquait-il encore, soulignant que chaque opération pouvait durer plus de 6h30.

Dans le détail de la mission, Thomas Pesquet sera chargé de manier les panneaux solaires à l'aide d'un bras robotique. "On va l'amener tout au bout de la station le plus loin qu'on peut aller, à bâbord. On va l'installer la tête en bas, avec la Terre qui sera au-dessus de nous", détaille-t-il.

Il s'agira de sa première sortie dite "extra-véhiculaire" depuis son arrivée le 23 avril à bord de l'ISS, pour sa mission Alpha de six mois. Le réparateur spatial avait déjà réalisé des sorties en orbite lors de sa première mission, entre 2016 et 2017.

Les sorties de Thomas Pesquet et Shane Kimbrough seront les 239e et 240e menées pour l'assemblage et l'entretien de l'ISS, un mastodonte grand comme un terrain de football dont le premier module fut mis en orbite en 1998, précise la Nasa.

Nombreuses expériences

En mai dernier, lors de l'une de ses premières prises de paroles télévisées auprès du JT de 20h de France2, Thomas Pesquet avait décrit son quotidien au sein de la station spatiale et les différentes tâches qui l'attendaient.

Le Normand avait assuré vouloir "un peu plus en profiter. Je suis un peu plus relax, et je vais prendre du temps pour moi et pour me faire des souvenirs." En outre, Thomas Pesquet soulignait devoir réaliser de nombreuses expériences, notamment sur des souris qui sont "impressionnées de flotter."

"On va leur créer une cicatrice et on va étudier la cicatrisation en apesanteur. On voit que les blessures se résorbent par le dessous et ça intéresse les médecins au sol, ça peut améliorer les traitements sur Terre", ajoute-t-il.

En conclusion, il estimait également prendre le rôle de commandant de l'ISS extrêmement sérieursement.

"Le commandant est le chef d'équipage, mais chacun remplit son rôle. Le commandant organise le ménage par exemple, entretient la relation avec les équipes au sol. Si jamais ça va mal, il faut réagir vite, que l'équipage fonctionne de manière optimale, là c'est au commandant de donner le tempo", martelait-il.
https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier Journaliste BFMTV