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Neurosciences: prier déclenche le "circuit de la récompense" comme le sexe ou la drogue

Le temple mormon de la ville de Birgham, dans l'Utah.

Le temple mormon de la ville de Birgham, dans l'Utah. - Scott Law - Flickr - CC

Les mormons de l'Utah sont-ils des accros à la prière? C'est la conclusion d'une étude parue dans la revue Social Neurosience.

La prière, une addiction comme une autre? Que la foi puisse donner du courage à ceux qu'ils l'ont est difficilement contestable. Mais que l'un des ressorts de la pratique religieuse soit le plaisir qu'elle procure est un point de vue plus original. C'est pourtant ce qui ressort d'une étude parue dans la revue Social Neuroscience. Les prieurs assidus que sont les mormons de l'Utah ont montré que l'exercice poussé de la prière active les zones dites du "circuit de la récompense" dans le cerveau humain. Il s'agit des mêmes régions que celles sollicitées pendant la pratique sexuelle, la prise de drogue, ou l'excitation provoquée par la participation à des jeux d'argent.

IRM et spiritualité au menu

Pour mener à bien l'expérience, une population de 19 mormons, 7 femmes et 12 hommes, a été examinée. Lors de pratiques spirituelles telles que la prière, mais aussi des lectures de passages du livre des mormons ou des projections de vidéos religieuses, les participants devaient exprimer leur ressenti. A chaque fois que les sujets mesuraient un pic de leur sentiment spirituel, ils pouvaient presser un bouton. En parallèle de cette mise en condition, une IRM fonctionnelle était réalisée.

Outre l'activation de certaines zones cérébrales, il a été constaté une respiration plus profonde et une accélération du rythme cardiaque. Des sensations de chaleur et de paix intérieure on été décrites par les sujets. A plus d'un titre l'effet de la pratique spirituelle sur le corps semble démontré.

De là à extrapoler cette expérience menée sur des mormons à tous les croyants, il y a un pas que l'étude se garde de franchir. Selon le neuroradiologue Jeff Anderson, ce n'est qu'un début. "Nous commençons tout juste à comprendre comment le cerveau participe à des expériences que les croyants interprètent comme spirituelles, divines ou transcendantes", rappelle-t-il.

David Namias