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La "spaghettification" d'une étoile par un trou noir observée en temps réel

Le phénomène de "spaghettification"

Le phénomène de "spaghettification" - M. KORNMESSER / European Southern Observatory / AFP

Dans ce cas précis, l'étoile a perdu presque la moitié de sa masse en l'espace de six mois, en s'approchant trop près d'un trou noir supermassif.

C'est une première dans le monde de l'astronomie. Selon une étude publiée ce lundi, la "spaghettification" d'une étoile, en partie dévorée par un trou noir, a pu être suivie en temps réel. Pour cela, les chercheurs ont pointé le Very Large Telescope (VLT) et le New Technology Telescope (NTT) de l'ESO (European Souther Observatory) sur un flash de lumière qui s'est produit il y a plusieurs mois près d'un trou noir supermassif.

L'astre, d'une masse équivalente à celle de notre soleil s'est aventuré trop près du trou noir, d'une masse un million de fois plus grande que lui. Si la plupart s'y perdent corps et bien, littéralement avalés par la force d'attraction phénoménale du trou noir, qui empêche même la lumière de s'en échapper.

D'autres subissent une dislocation progressive, dans ce que les astronomes appellent un effet de nouilles ou spaghettification. Dans le cas observé, l'étoile y a perdu presque la moitié de sa masse en l'espace de six mois.

"C'est exactement ce qui arrive dans un évènement de rupture par effet de marée", ou TDE, a dit l'astronome britannique Matt Nicholl, de l'Université de Birmingham, auteur principal de l'étude parue dans les Monthly Notices de la Royal Astronomy Society.

Évènement rare

En s'approchant, l'étoile commence par s'aplatir puis s'étirer sous l'effet des forces de marée dues au trou noir, en prenant la forme d'un cigare ou d'une crêpe, a expliqué à l'AFP Stéphane Basa, directeur de recherche au laboratoire d'astrophysique de Marseille: "Lorsque ces forces dépassent la force de cohésion de l'étoile, celle-ci perd des morceaux qui s'engouffrent dans le trou noir."

Un des principaux apports de l'étude est de mieux comprendre comment la matière est absorbée, sous la forme en l'occurrence de fins filaments. Mais aussi de montrer, "pour la toute première fois" selon Stéphane Basa, qu'une partie de la matière de l'étoile était éjectée à l'opposé du trou noir.

La proximité relative de l'évènement, à environ 215 millions d'années lumière, a permis de mobiliser rapidement de nombreux moyens d'observation, dont ceux de l'Observatoire européen austral (ESO). Il est si rare qu'il faudrait observer 10.000 galaxies pendant un an pour espérer en détecter un autre.

https://twitter.com/Hugo_Septier Hugo Septier avec AFP Journaliste BFMTV