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Fin des dinosaures: quand des pluies acides ont recouvert la Terre

Un dinosaure Cryolophosaurus au musée national de Tokyo en 2009.

Un dinosaure Cryolophosaurus au musée national de Tokyo en 2009. - Crédits photo : nom de l'auteur / SOURCE

L'impact de la météorite qui aurait provoqué la disparition des dinosaures aurait eu une autre conséquence: l'acidification des océans à cause de pluies acides.

La météorite géante qui a frappé la Terre voici 65 millions d'années n'a pas seulement éradiqué les dinosaures. Elle a aussi provoqué des pluies acides qui ont rendu invivable la surface des océans, selon une étude publiée dimanche.

Des chercheurs japonais ont tenté de recréer dans leur laboratoire les conditions qui prévalaient lors de la dernière crise d'extinction massive qu'a connue notre planète. Selon leurs conclusions, l'impact de la météorite de Chicxulub qui s'est abattue sur la péninsule du Yucatan, dans l'actuel Mexique, a instantanément vaporisé des roches riches en soufre, produisant un épais nuage de trioxyde de soufre (SO3).

Mélangé à la vapeur d'eau de l'atmosphère, ce gaz provoque des pluies d'acide sulfurique qui seraient tombées à la surface de la Terre, acidifiant la couche supérieure des océans et tuant de nombreuses espèces marines.

L'impact de la météorite recréé en laboratoire

"Des pluies très chargées en acide sulfurique et une intense acidification des océans par des vapeurs riches en SO3 ont sérieusement détérioré l'écosystème global et sont probablement responsables de l'extinction de nombreuses espèces", estime cette étude publiée dans la revue Nature Geoscience.

Autrement dit, seules les espèces marines capables de résister à ces eaux mortelles ou de se réfugier plus en profondeur auraient survécu.

Sohsuke Ohno, du Centre de recherche en exploration planétaire de Chiba, au Japon, et son équipe ont tenté de récréer, en miniature, les conditions de l'impact du Yucatan pour mieux comprendre les phénomènes qui ont pu jouer à l'époque.

L'acidification des eaux de surface expliquerait notamment l'extinction de nombreuses espèces de plancton de la grande famille des foraminifères, des organismes unicellulaires protégés par une enveloppe de carbonate de calcium, composant principal du calcaire et de la craie facilement dissous par l'acide.

Ce scénario des pluies acides permet aussi d'expliquer pourquoi les espèces aquatiques d'eau douce auraient moins souffert de cette crise d'extinction: grâce à la présence d'un autre minéral présent dans l'écorce terrestre, plus résistant à l'acide, et qui les aurait partiellement protégées.

A. D. avec AFP