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Virus Zika: un insecticide soupçonné de provoquer les malformations crâniennes

Un bébé atteint de microcéphalie, dans un hôpital de Salvador, au Brésil.

Un bébé atteint de microcéphalie, dans un hôpital de Salvador, au Brésil. - Christophe Simon - AFP

Un rapport met en cause un produit chimique utilisé pour lutter contre les moustiques, qui serait responsable des milliers de cas de malformations crâniennes chez des nouveaux-nés en Amérique du Sud.

Et si ce n'était pas le virus Zika le responsable des milliers de cas de microcéphalies recensés en Amérique du Sud, mais le produit chimique utilisé pour lutter contre? Un groupe de chercheurs argentins vient de publier un rapport, repéré par Paris Match, pointant du doigt l'utilisation massive de pyriproxyfene au Brésil.

Un produit contre les moustiques

Le pyriproxyfene, fabriqué par l'entreprise Sumitomo Chemical (un "partenaire stratégique" de Monsanto) est un insecticide répandu dans l'eau, qui tue ou empêche la reproduction des moustiques en provoquant des malformations chez les larves ou les individus adultes. Son utilisation est recommandée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) dans la lutte contre l'épidémie de dengue qui sévit en Amérique du Sud.

Or ce produit est massivement utilisé au Brésil depuis environ dix-huit mois, se retrouvant dans l'eau potable. Pays, où les cas de microcéphalie, une atrophie crânienne et cérébrale, se sont multipliés chez les nouveaux-nés ces derniers mois.

"Les milliers de cas de malformations congénitales, chez des enfants de mères habitant dans des zones où le gouvernement brésilien a ajouté du pyriproxifène à l'eau potable, ne relèvent pas d'une coïncidence, bien que le ministère de la Santé mette en cause le virus Zika dans ces dommages", relèvent ainsi les chercheurs.

Pas d'antécédent de lien entre Zika et malformations

Ces scientifiques notent également que les précédentes épidémies de Zika, maladie relativement bénigne, n'étaient pas suivies d'augmentations des cas de malformation. Pourtant, dans certaines zones du Brésil, plus de 75% de la population avait été infectée par la maladie.

Les chercheurs s'appuient également sur un rapport d'Abrasco, une association de médecins qui étudie les politiques brésiliennes de santé publique. Selon cette étude, parmi les 3893 cas de malformations relevés au Brésil jusqu'au 20 janvier dernier, seuls cinq enfants étaient effectivement infectés par le virus Zika.

Pour l'instant, aucune preuve scientifique d'un lien entre Zika et les microcéphalies congénitales n'a été apportée. L'OMS doit se prononcer sur le sujet dans quelques semaines.

H. M.