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Vingt départements sous "surveillance renforcée": quand et comment seront-ils fixés sur les mesures?

Le Premier ministre Jean Castex lors du point presse sur la situation épidémiologique le 25 février 2021.

Le Premier ministre Jean Castex lors du point presse sur la situation épidémiologique le 25 février 2021. - Stéphane de Sakutin

Samedi, Jean Castex a rassemblé autour de lui les préfets des 20 départements placés jeudi soir sous surveillance accrue, et les élus locaux multiplient les réunions. Le renforcement des mesures sanitaires pour le week-end du 6 mars fait peu de doute.

Le suspense n'a jamais été aussi faible. Jeudi soir, après les formules de confinements locaux décidées plus tôt dans la semaine à Dunkerque et dans les Alpes-Maritimes, le Premier ministre Jean Castex a placé 20 départements sous surveillance sanitaire "accrue": Paris, la Seine-Saint-Denis, l'Essonne, la Seine-et-Marne, les Hauts-de-Seine, les Yvelines, le Val-de-Marne, le Nord, le Pas-de-Calais, la Somme, l'Oise, le Val-d'Oise, la Meurthe-et-Moselle, la Moselle, l'Eure-et-Loir, le Rhône, la Drôme, le Var, les Bouches-du-Rhône et les Alpes-Maritimes.

Le chef du gouvernement a cité les critères de sa sélection: "un niveau d'incidence élevé, autour de 250 cas pour 100.000 habitants, une part de variant supérieure à 50%, une pression hospitalière proche du seuil critique et enfin une circulation virale qui commence à s'accélérer sérieusement". Mis sur la sellette, ces départements pourraient voir décrété sur leurs terres un confinement le week-end, outre le couvre-feu à 18h, et de possibles restrictions de déplacements, dont le couperet s'abattrait dès le 6 mars prochain.

Au vu des déclarations et opinions des acteurs, c'est moins la nature et l'objet de la décision qui interrogent que la date à laquelle tombera la sentence. Le choix retenu sera nécessairement connu avant vendredi, il pourrait même s'annoncer dans quelques heures à peine.

Agenda serré en Île-de-France

Anne Hidalgo, la maire de Paris, prendra ainsi la parole ce lundi après-midi, à l'issue de deux réunions. Ce lundi matin, elle convoque en effet autour d'elle l'ensemble des maires d'arrondissement "pour échanger sur des propositions de mesures qui seront soumises au préfet de police et à l'Agence régionale de santé" d'après les mots qu'elle a utilisés vendredi. Dans l'après-midi, elle changera d'interlocuteurs, évoquant la question avec la préfecture de Paris et d'Île-de-France, la préfecture de police et l'ARS.

Ce lundi après-midi encore, la présidente du Conseil régional d'Île-de-France, Valérie Pécresse, échangera de son côté avec les autorités sanitaires, les préfets de police et de région. Elle a déjà dit, notamment ce dimanche au micro du Grand Jury RTL, qu'elle était favorable à l'instauration de mesures supplémentaires.

Stéphane Troussel, président socialiste du Conseil départemental de Seine-Saint-Denis, n'a pas la même couleur politique que Valérie Pécresse mais lui aussi veut aller plus loin. Ce lundi matin sur notre plateau il a appelé à agir et ce, dans "trois directions": "Faire que chacun redouble d'efforts, dépister et accélérer la vaccination".

Pour lui, le changement n'interviendra pas avant la fin de la semaine en revanche. "Le Premier ministre nous a donné une semaine de répit supplémentaire", a-t-il glissé, voyant dans ce laps de temps l'occasion de mêler concertations et actions. Il a notamment suggéré l'idée de concentrer la campagne de vaccination dans les 20 départements sous surveillance "pendant une semaine ou dix jours".

Les préfets en intermédiaires

Une concertation a eu lieu dès samedi entre Jean Castex et les 20 préfets concernés. Les directeurs des agences régionales de santé étaient également présents, tout comme les ministres de la Santé et de l'Intérieur. Françoise Souliman, préfète d'Eure-et-Loir, a dévoilé la teneur des discussions ce lundi matin sur notre antenne:

"Jean Castex nous a d'abord écouté, il a écouté les particularités de chaque département. et puis il nous a donné le conseil immédiat de faire une concertation approfondie avec l'ensemble des élus et avec des mesures immédiates". Elle a explicité: renforcement des contrôles, interdiction de l'alcool sur la voie publique dans son département, et une accélération de la vaccination.

L'exemple du Rhône

Dans de nombreux territoires, les concertations entre élus locaux et hauts fonctionnaires ou représentants divers des collectivités et de l'Etat ont même débuté dès vendredi. C'était ainsi le cas dans le Rhône, où Cédric Van Styvendael, maire de Villeurbanne, a discuté avec le maire de Lyon, le président de la Métropole, le préfet et l'agence régionale de santé.

"Il y a concertation et on nous dit que pour éviter le confinement total, il faut en passer par le confinement partiel", a-t-il confié à la matinale de BFM Lyon ce lundi. Il a précisé le calendrier possible selon lui pour l'annonce de ce "confinement partiel": "Ce week-end, le Premier ministre a demandé à ce qu'on accélère sur les mesures donc j'imagine que d'ici deux ou trois jours il y aura une nouvelle rencontre et un certain nombre d'annonces".

Robin Verner
Robin Verner Journaliste BFMTV