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Vers un 3e confinement? Ces facteurs de risque qui inquiètent les autorités

Un cinéma fermé à Montpellier, le 13 novembre 2020 lors du deuxième confinement en France

Un cinéma fermé à Montpellier, le 13 novembre 2020 lors du deuxième confinement en France - Pascal GUYOT © 2019 AFP

Alors que les indicateurs de surveillance du Covid-19 ne semblent pas s'améliorer, les fêtes de fin d'année, l'apparition d'une nouvelle souche de la maladie ou encore le froid pourraient entraîner un nouveau confinement en France.

Même si les premiers Français ont été vaccinés dimanche, le Covid-19 continue pour le moment de circuler fortement au sein de la population. Un troisième confinement n'est donc pas exclu en France, a prévenu dimanche le ministre de la Santé Olivier Véran dans le Journal Du Dimanche.

"Nous n'excluons jamais des mesures qui pourraient être nécessaires pour protéger des populations. Ça ne veut pas dire qu'on a décidé, mais qu'on observe la situation heure par heure" a-t-il déclaré.

Et plusieurs signes inquiétants pourraient faire pencher la balance du côté d'un reconfinement.

· Une forte circulation du virus dans plusieurs régions

L'objectif des 5000 contaminations par jour au 15 décembre semble en effet lointain en cette fin d'année 2020, les derniers bilans tournant plutôt au-dessus de 10.000. Le nombre de personnes hospitalisées stagne autour de 25.000 et si les patients en réanimation sont de moins en moins nombreux, la décrue est lente, et le taux d'occupation des lits est autour de 50% au niveau national, dépassant même les 80% dans certains départements.

"Trois territoires nous inquiètent: la région Grand Est, la Bourgogne-Franche-Comté et le département des Alpes-Maritimes, à commencer par Nice", explique Olivier Véran, qui craint "une hausse des hospitalisations dans les jours à venir".

"Au vu de la situation que l'on observe dans le Grand-Est, je propose de reconfiner soit de façon territoriale (...) ou au niveau national" demandait le 22 décembre sur France Info le maire Les Républicains de Reims (Marne), Arnaud Robinet. Le maire socialiste de Nancy (Meurthe-et-Moselle) a également demandé un reconfinement, à partir du 28 décembre, rappelant que le CHRU de Nancy avait dû déprogrammer plus de 50% de ses actes médicaux et que les projections étaient "alarmantes".

Au niveau national, c'est plutôt un plateau qui est observé. Les chiffres dans l'ensemble stagnent, mais à un niveau qui reste élevé, continuant donc de mobiliser fortement les soignants.

· L'effet boomerang des fêtes

A cette situation inquiétante pourraient s'ajouter les conséquences d'un trop léger respect des gestes barrières lors des fêtes de Noël en famille. Des individus de différentes régions, de différentes tranches d'âge et parfois plus fragiles face au Covid-19 se sont réunis partout en France, et si les autorités sanitaires ont lourdement insisté sur la nécessité de prendre toutes les précautions lors de ces réunions, elles pourraient entraîner une augmentation du nombre de cas dans les jours à venir.

"Nous avons fait le choix de mesures strictes et difficiles plus tôt pour laisser les Français souffler pendant les fêtes. Cela a marché, pas assez, certes. Nous saurons vite si les rassemblements familiaux et festifs auront un impact épidémique", explique Olivier Véran.

Pour le Nouvel An en revanche, pas de relâchement. Le couvre-feu a été maintenu le soir du 31 décembre, afin de limiter les réunions, mais rien n'empêchera réellement plusieurs personnes de se réunir toute la nuit (entre 20h et 6h donc), pour faire la fête.

Afin d'éviter de nouvelles contaminations à la Saint Sylvestre, Philippe Amouyel et Luc Dauchet, professeur et maître de conférences en santé publique au CHU de Lille (Nord), réclament ainsi de limiter la "circulation dans la nuit du 1er janvier en élargissant le couvre-feu ou en installant un confinement éclair du 31 décembre au 2 janvier", dans une tribune publiée dans le JDD.

Même si le vaccin a commencé à être injecté en France ce dimanche, il ne sera pas une solution miracle pour lutter contre le Covid-19, notamment parce que la population va se faire vacciner progressivement jusqu'à cet été, en fonction des doses disponibles. Le coronavirus pourra continuer à se propager dans le même temps, chez la population non immunisée.

"On attend des effets de la vaccination mais finalement en population ça n'arrivera que dans quelques mois, donc en attendant il y a une course qui s'est engagée entre le virus et la vaccination", explique ce lundi sur BFMTV Luc Dauchet, maître de conférence en santé publique au CHU de Lille. "Alors il faut accélérer du côté de la vaccination mais il faut aussi ralentir la course du virus", et continuer de respecter les gestes barrières.

De plus, les Français semblent de plus en plus réticents à aller se faire vacciner: seuls 40% disent "vouloir certainement ou probablement se faire vacciner" contre le coronavirus selon une étude de Santé Publique France, soit 13 points de moins qu'en novembre.

· Une nouvelle souche du virus

A ces inquiétudes présentes depuis des semaines s'ajoutent les craintes concernant la nouvelle souche du Covid-19 apparue au Royaume-Uni. Cette variante a été repérée dans plusieurs pays européens, dont la France, ainsi que sur d'autres continents, et notamment au Canada, en Jordanie ou au Japon.

Selon des études présentées au Royaume-Uni, le nouveau variant serait plus contagieux que la souche d'origine, mais rien ne démontre à ce stade qu'il entraîne des formes plus graves de la maladie. Plus de 50 pays ont ordonné des restrictions sur les voyages en provenance de Grande-Bretagne, qui a reconfiné une partie de sa population avant Noël.

· Le froid hivernal

Le dernier point qui pourrait conduire la France vers une augmentation des cas, et donc un reconfinement, est difficilement maîtrisable: il s'agit de la météo. Le froid hivernal qui s'est abattu sur la France depuis plusieurs jours ne devrait pas contribuer à diminuer la circulation de l'épidémie.

"Comme les autres virus respiratoires, en période d'hiver on vit plus en zone confinée, on se met à l'intérieur, on est plus nombreux et c'est là où ce virus se transmet", expliquait dès les pemières fraîcheurs d'octobre Arnaud Fontanet, épidémiologiste et membre du Conseil scientifique.

Mais ce reconfinement, comme l'augmentation de la propagation du Covid-19, ne sont pas des fatalités, et peuvent être évités. Le respect des gestes barrières comme le lavage des mains, la distanciation sociale ou encore le port du masque permettent d'éviter de nombreuses contaminations, et donc la mise en place des mesures restrictives, liées à une trop haute circulation du coronavirus.

Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV