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Vaccination des ados: Fischer "aimerait que l’école participe", Blanquer plus réservé

Une patiente se fait vacciner dans une clinique de Los Angeles (États-Unis), le 12 août 2020.

Une patiente se fait vacciner dans une clinique de Los Angeles (États-Unis), le 12 août 2020. - VALERIE MACON - AFP

Le ministre de l'Education nationale se positionne contre le "monsieur vaccin" de l'exécutif, qui dit au journal 20 Minutes vouloir que "l'école participe" à la vaccination des mineurs.

À partir du 15 juin, la vaccination va s’ouvrir aux jeunes de 12 à 18 ans, comme l’a recommandé la Haute autorité de Santé. Cet élargissement du public à la vaccination pourrait permettre, selon les épidémiologistes, d’atteindre plus facilement le seuil de l’immunité collective.

La question de la vaccination à l’école fait, elle, encore débat. Ce lundi, dans les colonnes de 20 Minutes, le professeur d’immunologie Alain Fischer - le "monsieur vaccin" de l'exécutif - s’y déclare favorable. Le gouvernement se montre plus prudent sur la question.

"J’aimerais beaucoup que l’école participe"

Interrogé par les lecteurs du journal, Alain Fischer affirme que la vaccination des jeunes est une "avancée" à laquelle il souhaite que "l’école participe":

"J’aimerais beaucoup que l’école participe. Pas en demandant aux enseignants de vacciner. Ni même aux médecins et infirmiers scolaires, pas assez nombreux. Mais en ouvrant des vacations pour vacciner aux médecins et infirmiers libéraux dans les établissements scolaires et universités", explique le président du Conseil d’orientation de la stratégie vaccinale .

Alain Fischer cite l’exemple de la Grande-Bretagne où "ils ont réussi à vacciner contre les infections au papillomavirus (HPV) 80 % des adolescents."

Outre-Atlantique, les enfants de 12 à 18 ans au Canada vont ainsi pouvoir se faire vacciner à l’école dès ce lundi afin que les "écoles reviennent le plus possible à la normalité au début de l’automne", selon le ministre de l’Éducation canadien, Jean-François Roberge.

Blanquer botte en touche

Interrogé par BFMTV la semaine passée sur la question, son homologue français ne partage pas le même point de vue. Jean-Michel Blanquer estime que la Haute autorité de Santé n’a pas fait de la vaccination à l’école une recommandation prioritaire:

"Ce n’est pas le point principal qu’a dit la HAS. Elle a avant tout dit que c'était important que les jeunes 12-17 ans ayant des facteurs de comorbidité puissent être vaccinés, ainsi que ceux qui ont des proches chez eux qui ont des facteurs de vulnérabilité."

Dans son avis publié début juin, la HAS estime tout de même qu'une "vaccination en milieu scolaire pourra aider au succès de la campagne vaccinale chez les adolescents". À l'image d'Alain Fischer, l'instance "souligne qu’il est important d’envisager - pour renforcer les effectifs limités de la médecine scolaire - de mobiliser des équipes mobiles extérieures".

Le ministre de l'Education nationale, lui, a par ailleurs pointé du doigt le calendrier scolaire. Les vacances vont démarrer le 7 juillet, soit trois semaines après le début de la vaccination des mineurs. L’école ne pourra donc pas être durant l’été, le principal lieu de vaccination pour les 12-18 ans:

"On est à deux mois et demi avant la rentrée scolaire donc ce n’est pas forcément en milieu scolaire que la vaccination a vocation à se faire mais dans l’ensemble mais dans les centres de vaccination, avec des personnels de santé, les médecins, les pharmaciens... Bref tous ceux qui sont mobilisés pour la vaccination", a jugé Jean-Michel Blanquer.
Esther Paolini Journaliste BFMTV