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Vaccin anti-Covid: Moderna va entamer des essais cliniques sur les adolescents

Image d'illustration - vaccin Moderna

Image d'illustration - vaccin Moderna - AFP

Les résultats du candidat-vaccin de Moderna diffusés dernièrement concernaient des tests réalisés sur les adultes. Son concurrent Pfizer a déjà commencé les essais cliniques sur les plus jeunes.

Le groupe pharmaceutique américain Moderna compte commencer à tester son vaccin sur les populations adolescentes, selon un projet d'étude clinique diffusé sur le site clinical trials mercredi, et relevé par le New York Times. L'étude doit concerner les adolesents de sexe masculin ou féminin de 12 à 17 ans "en bonne santé", mais le recrutement des volontaires n'a pas encore commencé.

Le candidat-vaccin de Moderna fait partie des projets contre le Covid-19 les plus avancés actuellement, son vaccin étant efficace à 94,1% chez les adultes, selon ses données.

3000 volontaires attendus

Moderna estime avoir besoin de 3000 volontaires de 12 à 17 ans pour son essai clinique, classé en phase 2/3, qui n'a pas encore commencé. Un groupe recevra deux injections de mRNA-1273 (le produit développé par le groupe), à 28 jours d'intervalle, un autre ne recevra qu'un placebo.

Dans la fiche de l'essai clinique, le groupe prévient que les volontaires doivent être en bonne santé. Les jeunes filles en âge de procréer pourront participer aux essais, mais devront effectuer des tests de grossesse, pour vérifier qu'elles ne sont pas enceinte, à la première et à la seconde injection, mais aussi assurer qu'elles prendront une contraception dans les trois mois suivant la vaccination, afin de ne pas se mettre en danger.

Il faudra "des mois" avant qu'un vaccin pour les enfants ne soit autorisé, déclarait sur NBC samedi le Dr Anthony Fauci, immunologue conseillant la Maison Blanche dans la crise sanitaire actuelle. Avec un nouveau vaccin, "vous voulez être sûr, car les enfants, tout comme les femmes enceintes, sont vulnérables".

Pas d'étude sur les vaccins pour adolescents/enfants

Les études actuelles sur les candidats-vaccins étaient jusque-là portées sur des populations adultes, de plus de 18 ans, si bien qu'il n'existe pour l'instant pas de vaccin pour les plus jeunes. En France par exemple, la Haute Autorité de la Santé a publié lundi des recommandations quant à l'ordre des personnes prioritaires si un vaccin était autorisé. Les personnes de moins de 18 ans n'y sont pas du tout citées.

Moderna n'est pas le premier à avoir lancé ses essais cliniques sur les enfants. Son concurrent Pfizer - qui a annoncé mercredi que son vaccin anti-Covid était le premier au monde à être autorisé dans un pays, le Royaume-Uni - a vacciné les premiers enfants dans une phase de tests fin octobre, comme le relevait alors CNN.

Les essais cliniques de vaccins sur les enfants ne sont pas une procédure inhabituelle. Si un vaccin est destiné aux enfants, "les chercheurs testeront d'abord les adultes, puis réduiront progressivement l'âge des sujets de test jusqu'à ce qu'ils atteignent leur cible", explique le site History of vaccines.

Pourquoi un vaccin pour les plus jeunes?

Les enfants pourraient toutefois avoir des réactions plus fortes au vaccin, "notamment plus de fièvre, de douleurs musculaires et articulaires et de fatigue", prévient le Dr William Schaffner, infectiologue américain, dans le New York Times. Mais leur organisme étant différent de celui des adultes, il est nécessaire pour le médecin d'avoir une idée de ce que ce produit peut leur faire, avant de leur injecter.

D'après les différentes études conduites sur le rôle des enfants dans l'épidémie de Covid-19, les plus jeunes [primaire, maternelle, crèche, ndlr] sont "peu à risque de formes graves et peu actifs dans la chaîne de transmission du coronavirus", expliquait la Haute autorité de Santé en septembre.

Mais il existe tout de même des risques pour les plus jeunes de transmettre la maladie, comme de faire des formes graves. Actuellement, en France, 49 enfants de 0 à 9 ans sont hospitalisés psour des cas de Covid-19 (dont 7 en réanimation)", expliquait la Haute autorité de santé en septembre.

Salomé Vincendon
Salomé Vincendon Journaliste BFMTV