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Une nouvelle piste pour lutter contre l’asthme allergique

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Chez les personnes atteintes d'asthme allergique, la crise est déclenchée par un allergène qui induit une contraction excessive des cellules musculaires de la paroi bronchique, ce qui réduit le diamètre des bronches et mène à des difficultés respiratoires. Des chercheurs ont découvert le rôle-clé d'une protéine dans ce phénomène et souhaitent exploiter cette nouvelle piste.

L’asthme est une inflammation chronique des bronches, entraînant leur hyperréactivité à certaines substances. La maladie se manifeste par des crises, sous forme de sifflements et de gênes respiratoires. Selon l'association Asthme & Allergie, il y a plus de quatre millions d’asthmatiques en France et une cause allergique est retrouvée chez 70% à 80% des adultes et chez 95% des enfants atteints. C'est pourquoi des tests cutanés peuvent également être réalisés pour identifier l’allergène en cause.

L'Inserm précise quant à lui qu'il s'agit d'un problème majeur de santé publique, responsable de plus de 250.000 morts par an. Des chercheurs de cet institut viennent de mettre en évidence le rôle essentiel d'une protéine appelée "Rac1" dans la contraction du muscle bronchique et dans l’hyperréactivité bronchique associée à l’asthme allergique. Il s'agirait même pour eux d'une piste prometteuse pour soigner les malades, après avoir trouvé comment inhiber cette protéine.

Ils ont d'abord voulu déterminer le rôle de Rac1 dans l’hyperréactivité bronchique, en ayant recours à des souris asthmatiques sensibilisées à un allergène, les acariens. Les chercheurs leur ont fait inhaler un inhibiteur de cette protéine et ont constaté que ce geste pouvait prévenir l'hyperréactivité bronchique. De plus, l’inflammation bronchique et l’infiltration de certains globules blancs dans les poumons (qui favorisent l’hyperréactivité bronchique dans l’asthme allergique) sont aussi diminués par l’administration chronique de l’inhibiteur de Rac1.

Un traitement en cas de crise mais aussi de fond

Les chercheurs ont ensuite mené cette même expérience sur des échantillons de tissus bronchiques humains et ont observé une réduction de 70% à 80% de la contraction bronchique, lorsque la protéine Rac1 était inhibée. "Bloquer l’activité de Rac1 permettrait à la fois de limiter la contraction bronchique en cas de crise d’asthme, mais aussi de réduire l’inflammation locale en traitement de fond", précise Vincent Sauzeau, responsable de ces travaux publiés dans The Journal of Allergy and Clinical Immunology.

Mais les inhibiteurs utilisés dans ces expériences sont des outils de recherche utilisables uniquement pour des expériences en laboratoire, car ils ne possèdent pas tous les critères de sécurité pour l'homme. C’est pourquoi les chercheurs développent actuellement de nouvelles molécules, en association avec le service de pneumologie de l’institut du thorax, au CHU de Nantes. C'est dans ce cadre qu'ils viennent d’obtenir un financement pour vérifier ce lien entre l’hyperréactivité bronchique et l’activation anormale de Rac1.

Cette fois, leur étude portera sur les bronches de patients souffrant d’asthme allergique. Actuellement, 5% à 10% d'entre eux ne sont pas soulagés par les traitements usuels tels que les anti-inflammatoires et les bronchodilatateurs. "Si le lien est confirmé, cela validera l’intérêt de poursuivre le développement d’un nouvel inhibiteur de Rac1 à visée thérapeutique chez l’homme. Il serait alors administré par voie inhalée pour une action ciblée dans les bronches", conclut Vincent Sauzeau.

L'Inserm précise qu'il existe d'autres approches en développement telles que "l’immunothérapie spécifique". "Cette intervention est déjà possible par l’exposition du patient à des extraits protéiques mais les chercheurs tentent d’améliorer la spécificité de la désensibilisation", explique-t-il. Les chercheurs explorent également la piste de la vaccination préventive, qui consiste à injecter en intramusculaire de l’ADN de la substance allergisante, pour éduquer le système immunitaire à la tolérer.

Alexandra Bresson