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"Task force", comité Covid, HAS... Qui planche sur la stratégie vaccinale en France?

Un volontaire se fait injecter un vaccin expérimental contre le Covid-19 dans le cadre d'un essai clinique à Hollywood, en Floride, en août 2020

Un volontaire se fait injecter un vaccin expérimental contre le Covid-19 dans le cadre d'un essai clinique à Hollywood, en Floride, en août 2020 - CHANDAN KHANNA © 2019 AFP

Un arsenal de commissions et d'institutions sont actuellement chargées de définir la stratégie vaccinale de la France dans le cadre de la lutte contre le coronavirus.

Le rythme s'accélère dans la course aux vaccins. Jeudi, la présidente de la Commission européenne, Ursula Von der Leyen, indiquait que l'Agence européenne du médicament pourrait "donner aux vaccins de Pfizer-BioNTech et Moderna leur autorisation conditionnelle de mise sur le marché dès la deuxième moitié de décembre".

Depuis l'objectif d'un vaccin pour la nouvelle année semble pouvoir devenir réalité. Mais avant cela, le gouvernement doit s'atteler à tout un tas de problèmes logistiques et déterminer sa stratégie vaccinale. Pour cela, elle peut compter sur un arsenal de commissions et d'institutions chargées de réfléchir, de débattre et de faire des recommandations. BFMTV.com fait le point sur ces différentes instances et sur leur rôle respectif.

• La "task force" du gouvernement

Selon le Journal du Dimanche, une "task force vaccin" composée de plusieurs dizaines de personnes, a été mise en place par le gouvernement.

Cette "task force" est pilotée par le haut fonctionnaire Louis-Charles Viossat, ancien directeur du cabinet de Jean-François Mattei au ministère de la Santé. Ce dernier est secondé par deux adjointes: Anne-Carole Bensadon, connue pour avoir coautopsié le scandale du Mediator, ainsi que Ombeline Gras, une inspectrice des finances, chargée des approvisionnements du vaccin.

Ce commando interministériel est responsable de toute la logistique liée au déploiement des vaccins: quelle chaîne d'approvisionnement? Où seront-ils administrés? Par qui? Comment les conservent-on?

Ces questions sont majeures alors que le vaccin développé par la firme Pfizer-BioNtech doit être conservé à une température de -70°C, contre environ -2°C pour les vaccins traditionnels. Cela pourrait avoir notamment un impact sur les personnes en charge des vaccinations. L'idée semblait de se tourner vers les professionnels de santé de ville mais cela pourrait être impossible avec les vaccins de Pfizer.

• La haute autorité de Santé

A la Haute autorité de santé, une commission technique des vaccinations est chargée, quant à elle, du volet scientifique de la stratégie française de vaccination.

Elle "analyse les données contenues dans la littérature scientifique, recueille les avis des professionnels et des usagers, puis formule des recommandations à destination des pouvoirs publics. Ces réflexions ont une visée pratique: on a un vaccin, quel schéma vaccinal on recommande et pour quel public?", détaille-t-elle à France info.

Elle devrait ainsi publier en décembre ses recommandations sur les publics prioritaires pour recevoir les premiers vaccins puis un avis sur l'organisation de la campagne vaccinale.

"Deux populations sont à vacciner en priorité: les personnes les plus âgées. Cela représente 1,5 million de personnes. Et les personnels de santé [estimés à 1,8 million de personnes, NDLR]. Ensuite, on déclinera selon le nombre de doses disponibles", détaille déjà Élisabeth Bouvet, de la Haute autorité de santé.

• Le comité vaccin Covid-19

Ce comité, composé de 12 personnes et présidé par la vaccino-logue Marie-Paule Kieny, est chargé d'analyser les différents essais cliniques, d'auditionner les représentants des firmes pharmaceutiques pour débusquer d'éventuelles failles de sécurité, précise le Journal du Dimanche.

"Notre but est d’aider les autorités européennes dans leur politique de préachat et le gouvernement français dans le choix des vaccins", témoigne l’immunologiste Alain Fischer à l'hebdomadaire. "Tout en sachant que les stratégies devront varier au gré des caractéristiques des vaccins."

• Le Conseil scientifique

Et comme depuis le début de la pandémie de coronavirus, le Conseil scientifique a lui aussi son rôle à jouer. Pour rappel, ce comité pluridisciplinaire de 11 experts avait été constitué le 11 mars dernier par le gouvernement pour "éclairer la décision publique dans la gestion de la situation sanitaire liée au coronavirus". Il est donc chargé de donner son "éclairage scientifique" sur les différentes mesures qui seront prises en matière de vaccination.

Ces derniers temps, il s'est notamment exprimé sur la question de rendre obligatoire, ou non, le vaccin contre le Covid-19. Il est pour le moment opposé à l'idée, ne la jugeant "ni souhaitable ni envisageable", et lui préférant une "vaccination organisée".

• Qui aura le dernier mot?

Les instances qui travaillent sur la vaccination des Français sont donc nombreuses. Si elles sont chargées d'analyser la situation les unes d'un point de vue logistique, les autres d'un point de vue sanitaire, c'est au gouvernement que reviendront les décisions finales sur la stratégie adoptée.

"La politique de vaccination est élaborée par le ministre chargé de la Santé qui fixe les conditions d'immunisation, énonce les recommandations nécessaires et rend public le calendrier des vaccinations après avis de la Haute autorité de santé", détaille en effet le Code de la santé publique. Quel que soit le sujet, en matière de vaccination, la décision finale revient donc au gouvernement.
Cyrielle Cabot Journaliste BFMTV