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SONDAGE BFMTV - Une majorité de Français désormais défavorable à un confinement strict

La perspective d'un troisième confinement divise les Français, comme le révèle notre dernier sondage Elabe publié ce mercredi.

Un troisième confinement semble de plus en plus inéluctable en France, au vu de la lente mais constante aggravation de la situation sanitaire ces dernières semaines. L'exécutif réfléchit à de nouvelles restrictions avant le Conseil de défense prévu ce mercredi, mais leur efficacité reposera sur l'adhésion des Français, déjà éprouvés par dix mois et demi de limitation de libertés.

Confinement ou pas? La décision est d'autant plus épineuse pour Emmanuel Macron qui, exhorté depuis plusieurs jours par des scientifiques à reconfiner le pays, doit mesurer l'acceptabilité sociale d'un nouveau tour de vis. Or la question d'un reconfinement divise l'opinion publique, comme le révèle ce mercredi notre sondage "L'Opinion en direct" réalisé par l'institut Elabe pour BFMTV.

Selon cette étude, un peu plus de la moitié des Français (52%) sont défavorables à un nouveau confinement national strict sur le modèle de celui de mars dernier, tandis que 48% y sont favorables. Les personnes interrogées sont en revanche un peu moins de la moitié (48%) à s'opposer à un confinement assoupli, sur le modèle du deuxième confinement de novembre dernier. 52% des sondés y sont au contraire favorables.

La confiance en l'exécutif toujours minoritaire

Le regard porté par les Français sur le confinement national se dégrade depuis le début de la crise: 93% des Français étaient favorables à l’instauration du premier confinement (18 mars), 67% à l'application du deuxième (29 octobre), contre près d'un Français sur deux désormais.

"Il n'y a plus de consensus autour du confinement, la France est partagée", résume ce mercredi matin sur BFMTV Bernard Sananès, président de l'institut Elabe. "Il faut s'en souvenir, ce consensus a existé, il a été très solide. (...) Souvenez-vous on était surpris de voir comment les Français, notamment durant le premier confinement, avaient accepté, pas de gaieté de cœur bien sûr, cette mesure."

"On voit bien qu'il y a un vrai tournant dans l'opinion avec une fracture générationnelle très forte: pour faire simple, les Français de plus 50 ans acceptent (un éventuel reconfinement), les Français de moins de 50 ans le refusent, souvent assez fortement", analyse-t-il.

Le sondage montre également que 49% des personnes sondées sont opposées à la mise en place d'un système hybride, sur la base d'un couvre-feu à 18 heures en semaine et d'un confinement le week-end, contre 51% de personnes pour.

De manière générale, la confiance des Français en l'exécutif pour lutter efficacement contre le Covid-19 reste minoritaire, avec 37% de points de confiance, un chiffre stable sur les deux dernières semaines. À l’inverse, 63% des sondés ne font pas confiance à l’exécutif, dont 36% ne lui font pas vraiment confiance et 27% pas du tout confiance.

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Si la quasi-totalité des Français (93%) assurent qu'ils respecteraient un troisième confinement, seul un sur deux (50%) le juge nécessaire. 60% des personnes de 65 ans et plus sont convaincues de la nécessité d'un confinement assoupli comme celui de novembre, et une part non négligeable des moins de 35 ans (13%) déclare qu’elle ne le respecterait pas.

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Les Français favorables au maintien des écoles ouvertes

Alors que la plupart de nos voisins européens ont déjà fermé leurs écoles, le gouvernement maintient vouloir les laisser ouvertes en cas de reconfinement. Une opinion partagée par une majorité de Français, puisque 56% d'entre eux souhaitent que les établissements scolaires restent ouverts ces prochaines semaines.

D’un point de vue socio-professionnel, les cadres (56%) et surtout les professions intermédiaires (63%) sont favorables à l’ouverture, les catégories populaires se montrent plus partagées (48% pour l'ouverture, 51% pour la fermeture).

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77% des Français inquiets face à la propagation du virus

Près d'un an après le début de la crise du Covid-19, 43% des Français considèrent qu’il s’agit d’une période difficile, mais préfèrent être optimistes et se dire que d’ici quelques semaines ou mois, on va s’en sortir. Plus pessimistes, 35% des Français ont du mal à vivre cette période et ne voient pas le bout du tunnel. Seuls 22% des Français déclarent bien vivre cette période malgré la longueur de la crise.

Avec 77% de personnes inquiètes, le niveau de préoccupation des Français face à la propagation du virus demeure ainsi à un niveau élevé. Parmi elles, 23% se disent très inquiètes et 54% plutôt inquiètes.

À travers ce sondage, l'institut Elabe dit observer une relative homogénéité dans la manière dont les Français vivent cette crise, que ce soit selon leur genre, âge, catégorie socio-professionnelle ou lieu de résidence.

Il existe en revanche des différences importantes selon le niveau de pouvoir d’achat. Parmi les Français qui bouclent facilement leurs fins de mois, 26% vivent bien cette période (contre 16% chez ceux qui les bouclent difficilement, soit 10 points de moins), 46% la vivent difficilement mais demeurent optimistes sur le long terme (contre 38%), et 28% déclarent très mal la vivre (contre 45%, soit 17 points de plus).

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La campagne vaccinale toujours jugée trop lente

Par ailleurs, les Français sont toujours aussi critiques concernant la gestion gouvernementale de cette crise qui s'éternise. Ils le sont d'autant plus au sujet de la lenteur de la campagne de vaccination. 68% des personnes interrogées ont le sentiment que le rythme actuel de vaccination de la population est trop lent, un chiffre en hausse de 5 points en deux semaines.

Enfin, la proportion de personnes ayant l'intention de se faire vacciner contre le coronavirus dans les prochains mois continue d'augmenter. Un Français sur deux (50%) en a désormais l'intention, contre seulement 34% de personnes prêtes à franchir le pas le 9 décembre 2020. En termes d’âge, l’intention de se faire vacciner reste plus importante chez les 65 ans et plus (73%, +5), et les 50-64 ans (54%, +4), que chez les plus jeunes : 35-49 ans (43%, +1), 25-34 ans (32%, +2) et 18-24 ans (25%, -4).

Sondage réalisé sur un échantillon de 1000 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus. La représentativité a été assurée selon la méthode des quotas appliquée aux variables suivantes: sexe, âge et profession de l'interviewé après stratification par région et catégorie d'agglomération. Interrogation par Internet les 25 et 26 janvier 2021.

Jeanne Bulant Journaliste BFMTV