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Santé: des comportements préventifs encore peu adoptés par les Français

Les adultes devraient pratiquer chaque semaine au moins 150 minutes d’activité d’endurance d’intensité modérée, ou au moins 75 minutes d’activité d’endurance d’intensité soutenue.

Les adultes devraient pratiquer chaque semaine au moins 150 minutes d’activité d’endurance d’intensité modérée, ou au moins 75 minutes d’activité d’endurance d’intensité soutenue. - iStock - Martinan

Sommeil, alimentation, activité physique... trop peu de Français adoptent de bonnes habitudes quotidiennes pour prendre soin de leur santé, bien que beaucoup reconnaissent leurs bénéfices. Un paradoxe révélé par un sondage Ipos, qui montre par ailleurs que la e-santé est plébiscitée pour mieux y arriver.

Quelle importance les Français accordent-ils aux comportements préventifs au quotidien? C’est pour répondre à cette question que l’association "Croc and Move: prévention santé" et Ipsos ont réalisé une enquête nationale sur la prévention en santé. Les résultats de ce sondage mené sur un échantillon national représentatif de 1002 personnes montrent que les comportements préventifs sont encore peu répandus au sein de notre société.

En effet, de nombreux Français semblent éprouver de réelles difficultés à adopter régulièrement les bons comportements pour leur santé au quotidien: dormir au moins 7h par nuit, manger équilibré, marcher au moins 30 minutes par jour. Ces difficultés concernent particulièrement l'alimentation: 20% des Français déclarent manger systématiquement de manière équilibrée pendant les repas.

Et alors que l'OMS recommande de pratiquer chaque semaine au moins 150 minutes d’activité d’endurance d’intensité modérée, seuls 30% des Français déclarent faire systématiquement au moins 1h d’activité sportive par semaine. Ils sont également très peu (27%) à marcher au moins 30 minutes par jour ou à boire au moins 1,5 litre d'eau. Des habitudes préventives qui sont par ailleurs contrastées selon les territoires: le Nord représente la région qui affiche les plus mauvaises moyennes, quand l'Est arrive en tête.

Les Français trop peu informés

Ainsi, le "bulletin de notes de la forme des Français" réalisé en fonction de toutes ces réponses n'est pas brillant, avec une moyenne de 6 sur 10, soit "peu beaucoup mieux faire" selon l'Ipsos. En cause notamment, trois mauvaises habitudes qui ont la vie dure : la consommation d'alcool, le niveau de stress, et le niveau d'activité physique et sportive.

Si les Français sont aussi peu acteurs de leur santé, la raison serait liée à un niveau d’information insuffisant. Plus d’une personne interrogée sur trois (36%) s’estime par exemple mal informée sur les maladies potentiellement à risques. Le manque d'informations est aussi ressenti sur les vaccins et l'âge auquel il faut faire les rappels.

Pour autant, ces comportements de prévention peu répandus n’empêchent pas le grand public d’avoir massivement conscience de l’efficacité de la prévention en santé et de l’urgence de l’acquisition de comportements préventifs. Pour plus de 9 Français sur 10 (92%), une prise de conscience collective concernant les bienfaits de la prévention en santé est "urgente". Une majorité aussi importante de sondés se dit d'accord sur le fait que le développement de traitements de plus en plus performants est essentiel "pour préserver la santé de la population".

Des axes d'amélioration prioritaires

Le sujet de la prévention santé a un potentiel d’autant plus fort que les Français jugent plutôt durement le système de santé: la prévention est un sujet sur lequel ils se montrent critiques avec une moyenne globale de 5,1 sur 10. Si la qualité des soins en France et la prévention auprès de l'ensemble des citoyens pour éviter la survenue de maladies graves obtiennent les meilleures notes, plusieurs difficultés sont pointées par les sondés.

Ces derniers jugent sévèrement la répartition des professionnels de santé sur le territoire (4,2), les délais d'obtention de rendez-vous avec un professionnel de santé (4,5) et les délais pour réaliser des examens de santé approfondis (4,7). Pour les Français qui se disent prêts à en faire plus en termes de prévention, "la e-santé apparaît comme un outil prometteur", expliquent les auteurs de l'étude.

Plus des deux tiers des Français considèrent en effet qu'elle représente une chance et qu’elle permettra d’améliorer la prévention des maladies et la prise en charge des patients. Une très large majorité d’entre eux (82%) estime aussi qu’elle peut améliorer le suivi et l’évolution des maladies des patients. Enfin, plus d’un Français sur trois est prêt à utiliser au moins une application ou un objet connecté. Une utilisation qu'ils envisagent avant tout pour surveiller leur activité physique (33%) mais aussi pour mieux gérer certains problèmes qu’ils rencontrent (24%) ou se rapprocher d’un professionnel de santé (24%).

Alexandra Bresson